C’est un énorme dossier d’escroqueries, qui remplit 7 volumineux cartons et pour lequel trois audiences entières ont été consacrées, qui s’est terminé enfin devant le tribunal correctionnel. Sans aucune sanction pour les auteurs !
Le procès, qui a eu lieu en mars dernier, était à charge essentiellement de deux frères bien connus de la justice à qui l’on reprochait pour l’un 66 préventions, et pour l’autre 48 préventions. Un trio de comparses était aussi beaucoup moins impliqué dans l’affaire. Mais au total, les escrocs avaient fait une bonne cinquantaine de victimes.
Un très gros mensonge
Leur système était simple : ils convainquaient des marginaux, des SDF, des gens vulnérables qui avaient besoin d’argent ou ont été naïfs et crédules, d’ouvrir un crédit pour l’achat de téléphones ou de divers appareils électroménagers, qu’ils récupéraient par la suite pour les revendre. Moyennant une compensation financière et un très gros mensonge : que leur crédit serait ensuite annulé par quelqu’un de haut placé à la Banque nationale. Bien entendu, ils ne voyaient jamais venir leur compensation ou alors très minime, et le crédit leur restait sur le dos. Le préjudice se monte à plusieurs dizaines de milliers d’euros, si on s’en réfère à ce que réclament deux parties civiles qui se sont constituées jusqu’à présent : 77.000 € pour une société de crédit, et 3.000 € pour un particulier. L’un des prévenus avouera d’ailleurs qu’il se faisait de 5 à 6.000 € par mois pendant les neuf mois qu’a duré l’arnaque. « Tout se passait en douceur, par le charme car je suis un beau parleur. Je faisais ça sans penser aux conséquences, en croyant que ce n’était pas grave, juste un gros mensonge. J’ai sauté sur l’occasion que m’offrait mon frère, car je n’avais pas de revenus. L’argent ? On a tout flambé dans des fêtes, dans l’alcool et la drogue » avait expliqué un des frères.
Un lourd passé judiciaire
Pour Mme Wéry, ministère public, si certaines victimes se sont rendu compte qu’elles trempaient dans une affaire pas nette, ce sont surtout à des gens vulnérables par naïveté ou besoin d’argent qu’ils s’en sont pris, d’où une prévention supplémentaire d’abus de faiblesse. Et ce, avec la complicité d’un gérant d’une enseigne bien connue qui remplissait des demandes de crédit en masse sans se poser de questions.. Elle avait rappelé le casier judiciaire d’un des prévenus, qui compte 36 condamnations, et de son frère une dizaine. Toutefois, les peines réclamées étaient modérées en raison du délai raisonnable, car les faits datent de… 2018 ! C’est que l’instruction a été longue et difficile, et puis le dossier, volumineux, a traîné dans une armoire en raison du manque d’effectifs en magistrats pour s’y atteler. Elle avait requis 3 ans de prison pour l’un et 2 ans pour l’autre, ainsi que quelques mois pour les comparses.
Coupables mais pas punis
Les différents avocats s’étaient évidemment précipités dans cette voie pour eux royale qu’est le délai raisonnable pour juger quelqu’un. Et ils ont eu bien raison, puisque le tribunal les a suivis en ne prononçant qu’une simple déclaration de culpabilité, sans sanction donc. Tout ça pour ça !
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