C’était un dossier de mœurs troublant, délicat et complexe que devait juger le tribunal correctionnel. Un homme de 29 ans était accusé de viols sur une fillette, âgée de 10 ans à peine, ce qu’il niait fermement. Il en a été acquitté.
Léon (prénom d’emprunt) est en couple depuis 2019 avec une femme qui habite une vaste maison, car en plus de ses enfants elle héberge en tant que famille d’accueil Zazie (idem), une gamine de 10 ans, ce qui fait un ménage de huit personnes. Cette dernière l’accuse d’avoir pénétré à plusieurs reprises dans sa chambre, de l’avoir embrassée sur la bouche, et de caresses intimes qui lui faisaient mal. Ce qui s’était traduit finalement en comparution devant le tribunal correctionnel pour viols et menaces.
Comme frère et soeur
Comparaissant libre, Léon niait énergiquement tout acte de ce type, disant dans un premier temps n’avoir jamais pénétré dans la chambre. Par après, il admettra y être rentré juste pour éteindre l’électricité ou fermer une fenêtre, et une fois pour réveiller Zazie mais à sa demande. Des contradictions qui n’échappent pas au tribunal. « J’étais abasourdi par cet interrogatoire de la police, je n’ai pas pensé que la question allait jusqu’à ces détails. » Des bisous sur la bouche, des caresses intimes ? « Ce n’est pas mon genre » disait-il.
Pourtant, le reste de la famille lui prête une attention particulière pour Zazie. « Au début, elle m’était indifférente, mais après la mort d’un chien, j’étais le seul à lui montrer de la compassion, ce qui nous a rapproché, alors que le reste de la famille ne semblait pas l’apprécier. Je suis devenu son confident, on était comme frère et sœur.» On note aussi de nombreuses absences scolaires, sous prétexte de maux de ventre. « Avec moi, elle était normale et stable »
Un état mental dégradé
De ce tableau presqu’idyllique, ministère public et partie civile n’ont pas du tout la même vision : « On parle ici d’une enfant de 10 ans, qui serait bien incapable d’inventer de telles choses. Elle a développé une peur panique des hommes, et son état mental s’est dégradé au point qu’on a envisagé une hospitalisation. Et pourquoi l’accuserait-elle ainsi si leur relation était aussi bonne qu’il le dit, alors qu’il l’a menacée de tuer toute sa famille si elle parlait. Quelqu’un de la famille dit qu’il l’a vu pénétrer dans la chambre. Et depuis lors, elle est passée de la peur à la rage et la colère contre Léon. Pour Mme Braun, ministère public, il y a assez d’éléments au dossier pour établir sa culpabilité. Elle avait réclamé 7 ans de prison.
Même pas d'examen corporel
La défense magistrale de son avocat, Me Gilissen fils, lui a évité cela. Ce dernier soulignait d’abord l’absence étonnante d’examen corporel de la prétendue victime. Pour ensuite développer la thèse que son état mental n’était pas nécessairement le résultat d’actes sexuels qu’aurait commis Léon, en évoquant un autre dossier de viol de Zazie par son père alors qu’elle n’avait que 5 ans, mais qui avait été classé à l’époque sans suite. Il avait mis aussi sur la sellette l’expertise très favorable à Zazie par un expert décrié par pas mal d’avocats et que la justice a d’ailleurs rayé de sa liste d’experts. Pour lui, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a dans ce dossier une large place pour le doute, et donc l’acquittement de son client qu’il revendiquait. Et c’est ce qui arrivé, le tribunal acquittant Léon au bénéfice du doute.
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