Face aux réformes proposées par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des enseignants du réseau libre se mobilisent. Soutenus par des parents et des élèves, ils entendent maintenir la pression jusqu’au vote prévu le 27 mai.
Dire "non" aux réformes proposées par le Gouvernement : c’est le message véhiculé ce matin devant plusieurs établissements scolaires à Verviers.
Les écoles ont décidé d’unir leurs forces en organisant des piquets de grève. L’objectif n’est pas de bloquer les élèves ou les enseignants, mais bien de faire entendre leur voix et de dénoncer des mesures jugées préoccupantes pour l’avenir de l’enseignement.
"On est contre toutes les réformes qui sont proposées dans le décret qui sera voté mercredi prochain. L’objectif, c’est de se faire entendre, de montrer qu’on ne lâchera rien et qu’on en a assez d’être méprisés", explique Anne Wilmot, professeure à l'Institut Sainte-Claire.
Une mobilisation soutenue face à un sentiment d’incompréhension
Depuis plusieurs mois, les enseignants multiplient les actions pour exprimer leur mécontentement, mais un profond sentiment de ne pas être entendus persiste. Ils contestent les réformes envisagées par le Gouvernement, qu’ils estiment néfastes pour les conditions de travail des professeurs, mais aussi pour la qualité de l’enseignement.
On a vraiment le sentiment que ce gouvernement décide de faire des économies sur nos élèves (...)
"La mesure qui nous inquiète le plus, évidemment, ce sont les deux heures en plus. Si on ne connaît pas la charge horaire réelle d’un enseignant, on peut avoir l’impression que deux heures, ce n’est pas grand-chose. Mais en réalité, il s’agit d’une véritable économie sur l’emploi. Cela représente la suppression de 1.500 postes à temps plein en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il faut aussi savoir qu’il y a actuellement 30 % d’inscriptions en moins dans les filières pédagogiques, donc moins de jeunes professeurs. Et puis, les mesures d’économie continuent sur le dos de nos élèves : le minerval a presque doublé. Il y a aussi toutes les académies qui permettaient à un public socio-économiquement moins favorisé d’accéder à l’enseignement culturel. Aujourd’hui, les tarifs ont fortement augmenté. On a vraiment le sentiment que ce gouvernement décide de faire des économies sur nos élèves, sur nos enfants, et c’est cela qui nous inquiète", précise Barbara Thiel, professeure à l’Institut Saint-François Xavier (SFX2).
Parents et élèves rejoignent le mouvement
Les enseignants ne sont pas seuls dans leur mobilisation. Parents et élèves leur apportent eux aussi leur soutien, conscients des conséquences que ces réformes pourraient avoir sur l’avenir de l’école et sur les conditions d’apprentissage.
"Je manifeste non seulement pour mon école, mais aussi pour mes enfants, parce que je suis très inquiète pour leur avenir. L’université va coûter très cher maintenant. Avant, mes enfants pouvaient aller au conservatoire gratuitement. En tant qu’enseignante, je pourrai encore payer, même si ce sera difficile. Mais j’ai des amis qui ne le pourront plus. Je me bats aussi pour eux", ajoute Aline Janclaes.
Piquets de grève prévus jusqu’au 27 mai
Les piquets de grève se poursuivront jusqu’au vote prévu le 27 mai. Pour les enseignants, l’enjeu est crucial : défendre une école de qualité et garantir un avenir serein aux élèves.
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