Depuis dimanche 22h, un mouvement de grève perturbe le rail belge. Chaque jour, de nouveaux groupes de travailleurs de la SNCB sont appelés à débrayer. Ce sera le cas demain des accompagnateurs de train, dont le Welkenraedtois Laurent Baillot.
Laurent Baillot est accompagnateur de train depuis 22 ans. Comme de nombreux autres travailleurs du rail, il sera en grève dans les prochains jours. Depuis dimanche soir, les cheminots ont entamé une grève nationale de cinq jours afin de faire entendre leur colère.
Conséquence directe sur le trafic : depuis lundi, trois trains IC sur quatre circulent entre les grandes villes. Les trains locaux et les trains S, qui relient villes et banlieues, sont également assurés à raison de deux trains sur trois.
« Je suis accompagnateur depuis 22 ans. Je n'ai pas connu beaucoup de grèves de cette ampleur-là, mais je suis tenté de dire qu'à attaque exceptionnelle, riposte exceptionnelle aussi. Ce n'est pas par gaieté de cœur que les cheminots perdent leur journée de salaire. Les temps sont durs pour tout le monde, et pour les cheminots aussi », explique Laurent Baillot.
La retraite anticipée au cœur des revendications
Parmi les principales revendications figure le maintien des conditions de retraite anticipée à 55 ans pour certaines fonctions du rail, comme les accompagnateurs de train, les conducteurs ou encore les poseurs de voies.
« Demander à du personnel qui travaille à heures décalées, souvent les week-ends, les réveillons, qui fait face au risque d’agression et à des changements de réglementation perpétuels, c’est absolument impossible de les faire travailler dans des conditions pareilles jusqu’à 67 ans », estime-t-il.
Inquiétudes sur la fin du recrutement statutaire
Laurent Baillot dénonce également la fin du recrutement statutaire, qu’il considère comme une menace pour la qualité du service et la sécurité.
« Je ne connais aucun accompagnateur, aucun conducteur qui ne subisse pas régulièrement des pressions pour faire partir des trains qui ne sont pas forcément en ordre de confort ou de sécurité, parce qu’il faut que les statistiques soient bonnes, parce qu’il faut que les trains roulent. Pour un statutaire, c’est encore relativement facile de tenir tête et d’assurer la sécurité des voyageurs. Mais une fois que ce sera un contractuel, jugé plus “jetable”, ce sera beaucoup plus compliqué. Et c’est donc la sécurité du personnel et des usagers qu’on remet en cause », affirme-t-il.
Un mouvement appelé à s’intensifier
Le mouvement social devrait encore prendre de l’ampleur. Jeudi, ce sont les conducteurs de train qui entreront à leur tour en grève. Vendredi, l’appel à la mobilisation concerne l’ensemble des travailleurs de la SNCB.
« On espère leur faire entendre raison. De toute façon, si eux ne changent pas d’opinion, nous ne changerons pas d’opinion non plus. On est face à une situation de blocage. Il va falloir, à un moment ou à un autre, que tout le monde retourne à la table des négociations et qu’il y ait une véritable concertation sociale constructive, et pas des simulacres comme nous en avons eus jusqu’à présent, aussi bien avec le ministre Jambon qu’avec le ministre Crucke », conclut Laurent Baillot.
Pour le moment, d’un côté comme de l’autre, les feux semblent au rouge.
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