Les finances communales sont sous pression. À Olne et à Verviers, les autorités ont décidé de réduire, voire supprimer, leur subvention à Vedia. Cette décision pourrait menacer l’existence du média de proximité.
Le modèle n’est pas un cas unique… Mais historiquement, Télévesdre devenu Vedia a depuis sa création été financée par les communes de l’arrondissement de Verviers via une contribution qui s’élève à 2,70 euros par an et par habitant indexé…
Des décisions communales contrastées
Ce modèle-là est aujourd’hui mis à mal par une décision de la commune d’Olne de supprimer totalement sa subvention au média de proximité dès 2027. Soit pour Vedia un manque à gagner de plus ou moins 12 000 euros chaque année.
A Verviers, la convention avec Vedia aussi est repassée au crible. Pas de suppression totale ici mais la subvention sera réduite de 15% en 2027 et de 25% dès 2028.
« Nous avons fixé un objectif de -25 % sur certaines dépenses de transfert, notamment celles liées à Vedia. L’idée est que la convention s’en rapproche, tout en sachant que tout peut être rediscuté. Mais la première étape reste la révision de cette convention » explique Maxime Degey, Bourgmestre de Verviers.
Une justification budgétaire contestée
La raison de cette coupe sombre ? Essentiellement financière… pour répondre, dit la ville, aux injonctions de la Région wallonne…
« Aujourd’hui, la Ville de Verviers doit emprunter pour équilibrer son budget. Une banque, sous l’égide de la Région wallonne, impose certaines conditions, notamment la révision des dépenses de transfert. Et je le répète : Vedia n’est pas le seul concerné, les crèches et les écoles de devoirs le sont également », poursuit Maxime Degey.
Pour la CSC, la seule question financière ne justifie pas une telle décision.
« Tout est toujours une question de choix. Et ce choix est essentiel dans une démocratie, car la presse locale et de proximité, comme Vedia, joue un rôle important de contre-pouvoir. Elle met en lumière des dysfonctionnements, mais aussi des acteurs et des projets locaux, sociaux, économiques et culturels. C’est essentiel pour la démocratie » explique Isabelle Debroux, secrétaire fédérale de la CSC.
Un modèle économique sous tension
Du côté de Vedia, on a fait ses comptes. Si on applique la diminution de 25% à toutes les communes, cela fait 150 000 euros en moins par an. Et on alerte !
« J’ai fait le calcul. D’ici 2029, nous devons trouver environ 400.000 euros par an, ce que nous faisons déjà grâce au développement de nos activités commerciales, qui fonctionnent bien. Nous ne demandons rien à personne. Mais si l’on ajoute une perte annuelle de 150.000 euros si toutes les communes réduisent leur subvention de 25 %, le projet ne pourra tenir que quelques années », indique Urbain Ortmans, Directeur général de Vedia.
Vedia sous tension… médias sous perfusion… La survie de l’info est en jeu rappelle Urbain Ortmans. « Vedia, c’est la démocratie locale. Je pense aussi à nos confrères et consœurs de la presse écrite, y compris locale, qui souffrent également. La presse, c’est la liberté, et la liberté, c’est le système démocratique » ajoute Urbain Ortmans.
A part Canal Zoom dans le Namurois qui couvre trois communes, Vedia est aussi le moins subventionné des 12 médias de proximité… Et proportionnellement à sa taille, celui qui produit le plus.
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