Le conseil communal de Thimister-Clermont a approuvé les comptes 2025, confirmant une situation financière saine. Mais derrière ces résultats, plusieurs choix budgétaires sensibles continuent d’alimenter le débat entre majorité et opposition.
Le service ordinaire clôture l'exercice sur un boni global de 1,44 million €, tandis que le fonds de réserve atteint 3,15 millions €. Sur les sept dernières années, les investissements communaux ont dépassé les 2 millions € par an en moyenne. Le service extraordinaire affiche néanmoins un déficit comptable de près de 500.000 €. Une situation que l'échevin des Finances, Christian Baguette, explique par un décalage entre des projets déjà engagés et des emprunts qui n'ont pas encore été contractés.
Si l'opposition Créons au Quotidien ne remet pas en cause la santé financière de la commune, elle a toutefois pointé plusieurs postes budgétaires jugés peu lisibles : une régularisation de 138.324 € en faveur de la zone de secours VHP, des dépenses d'aide au développement imputées sur d'autres comptes ou encore une enveloppe consacrée à la stérilisation des chats moins utilisée que prévu.
Le dossier à 11.750 € qui fait débat
Le point le plus sensible de la soirée concernait une dépense de 11.750 € destinée à couvrir les conséquences d'un litige entre un membre du personnel communal et un membre du collège.
Pour la majorité, cette prise en charge ne souffre d'aucune contestation juridique. La bourgmestre Alice Jacquinet a rappelé que « c'est tout à fait une dépense légale par rapport au Code de la démocratie locale et de la décentralisation qui dit que la commune est civilement responsable du paiement des amendes auxquelles sont condamnés ses mandataires à la suite d'une infraction commise dans l'exercice normal de leur fonction, sauf en cas de faute lourde ».
Une justification qui n'a pas convaincu l'opposition. La conseillère Céline Henrard a porté le débat sur le terrain de la responsabilité politique : « Est-ce que ces citoyens-là sont d'accord de payer ? Parce que quand la commune paye, ce sont les citoyens. Est-ce que ces citoyens-là sont d'accord de payer à la place de la personne qui a été condamnée ? »
Un vote qui révèle les fractures
Au moment du vote, les divergences sont apparues au grand jour. La régularisation de la dotation à la zone de secours VHP et les comptes du service ordinaire ont été approuvés à l'unanimité.
Les comptes extraordinaires ont en revanche divisé l'assemblée. Le groupe Créons au Quotidien a voté contre, estimant que les contribuables n'avaient pas à supporter le coût du litige et dénonçant une politique d'investissements dont une grande partie reste, selon lui, sur le papier.
Un budget 2026 sous le signe de la continuité
Dans la foulée, la modification budgétaire n°2 de 2026 a été adoptée. Elle intègre les résultats de 2025 et maintient un boni de près de 248.000 € à l'ordinaire. Le budget extraordinaire est présenté à l'équilibre à hauteur de 9,25 millions €. L'opposition relève toutefois qu'à peine 30 % des crédits inscrits sont effectivement réalisés chaque année, tandis que la majorité défend une vision à long terme permettant d'anticiper les projets structurants, notamment en matière d'infrastructures et de lutte contre les inondations.
Derrière les chiffres, ce conseil communal aura surtout mis en lumière deux visions de la gestion publique : l'une centrée sur la conformité juridique et la planification à long terme, l'autre davantage focalisée sur la transparence immédiate et l'utilisation concrète de l'argent public.
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