Entre transformation, logistique et vente directe, les agriculteurs innovent. Mais le cadre réglementaire peine à suivre. À la demande de Thimister-Clermont, la députée wallonne MR Christine Mauel a interpellé le ministre François Desquesnes.
La question revêt une importance particulière pour Thimister-Clermont. La commune accueille une partie du parc d'activités économiques des Plénesses, l'un des plus importants de Wallonie. Réparti entre Thimister-Clermont, Dison et Welkenraedt, il s'étend sur près de 175 hectares, rassemble plus de 140 entreprises et génère plusieurs milliers d'emplois.
Dans ce territoire où agriculture et développement économique cohabitent depuis longtemps, les besoins évoluent. Les exploitations agricoles ne se limitent plus uniquement à produire : elles transforment, conditionnent, stockent, commercialisent et développent de nouvelles activités afin de créer davantage de valeur ajoutée localement. Or, ces projets ne correspondent pas toujours aux critères actuels permettant de s'implanter dans une zone d'activité économique.
Adapter les règles aux nouvelles réalités agricoles
À la demande du collège communal de Thimister-Clermont, la députée wallonne germanophone Christine Mauel (MR) a porté cette problématique au Parlement wallon en interrogeant le ministre François Desquesnes. « Les agriculteurs innovent, diversifient leurs activités et créent de la valeur ajoutée en Wallonie. Il est essentiel que notre cadre réglementaire accompagne cette évolution tout en préservant nos terres agricoles », explique la députée.
Le ministre a confirmé que le Gouvernement wallon était attentif à cette évolution. Il rappelle que la future stratégie « ZAE 2050 » servira de feuille de route pour adapter les zones d'activité économique aux besoins des entreprises tout en limitant l'artificialisation des sols. La priorité restera la reconversion des friches économiques, une meilleure utilisation des terrains disponibles et la préservation des terres agricoles.
Trouver le bon équilibre
Pour Christine Mauel, cette orientation constitue un signal encourageant, mais elle estime que les spécificités des territoires devront être pleinement prises en considération. « La réalité du terrain doit continuer à être prise en compte, notamment dans des communes comme Thimister-Clermont où coexistent une agriculture performante et un tissu économique particulièrement dynamique. »
L'enjeu dépasse le seul cas de Thimister-Clermont. Partout en Wallonie, les exploitations agricoles sont de plus en plus nombreuses à développer des activités complémentaires afin d'assurer leur rentabilité. Adapter les règles d'accès aux zones d'activité économique pourrait ainsi devenir un levier pour soutenir l'innovation agricole sans sacrifier les terres cultivables.
Si aucune réforme n'est encore annoncée, le Gouvernement wallon reconnaît que ces nouveaux modèles économiques devront être davantage pris en compte dans les années à venir.
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