Le Stampe SV-4 connaît une seconde vie en mode ULM grâce à Ultralight Concept. Entre savoir-faire artisanal et innovation, l’entreprise verviétoise exporte aujourd’hui son excellence au-delà de nos frontières.
Le 87ᵉ Stampe SV-4-RS construit par la société Ultralight Concept s’apprête à quitter l’aérodrome de Spa-La Sauvenière pour rejoindre son nouveau propriétaire basé à Lyon. Mais avant de prendre son envol, les techniciens de la société verviétoise effectuent un ultime contrôle minutieux, comme l’explique Jesse Errens, responsable de production :
Jusqu'à réception client, c'est moi le responsable de tout ce qui se passe avec l'avion. Pour tout ce qui est fait en amont dans l'atelier, on a des gabarits, on a des procédures, mais tout ce qui est fait ici dans le hangar, ça demande un contrôle rigoureux pour justement être sûr que tout est bien fixé et qu'il y a pas de souci.
Le retour d’un avion mythique
Ce biplan emblématique, né à la fin des années 1930, est le fruit de la collaboration entre deux ingénieurs belges, Jean Stampe et Maurice Vertongen. Réputé pour ses qualités techniques autant qu’esthétiques, il demeure aujourd’hui encore une référence dans l’aviation de loisirs.
C'est un avion à la base qui est un avion destiné à l'entraînement des pilotes civils et militaires - explique Philippe Beckers, technicien-monteur. L’armée belge avait ces avions-là qui n'étaient pas des avions armés, c'était vraiment un avion d'apprentissage au décollage. C'est un avion qui a servi énormément à la voltige, à l'apprentissage de la voltige, et c'est un avion qui a été produit à un bon millier d'exemplaires, dont une grosse partie en France mais sous licence.
Le pari audacieux de la version ultralégère
L’idée de créer une version allégée du Stampe SV-4 est lancée en 2011 par la société Ultralight Concept, alors installée à La Calamine. Il faudra attendre décembre 2016 pour voir décoller la première reproduction grandeur nature de l’historique Stampe SV-4.
À la base, c'est une reproduction qui a été élaborée par Raoul Sevrin, un ancien pilote de l'armée, qui a décidé de transformer le vrai Stampe en ULM, donc en ultra-léger motorisé. Le défi, poursuit Philippe Beckers, c’était de le faire passer de 600 kg plus ou moins à 300 kg. Et donc opter pour d’autres matériaux sans changer la ligne de l'avion. Donc ici on a un avion qui est vraiment à la même échelle, un pour un. Une reproduction qui vole pratiquement de la même manière que le vrai Stampe.
D’une production en kit à une fabrication en série
Il y a cinq ans, François Fidale, passionné de sports moteurs et spécialiste de la construction métallique, reprend l’activité d’Ultralight Concept. Il poursuit et développe le projet initié par Raoul Sevrin.
L'ancien propriétaire voulait faire ça pour vendre des kits, explique le directeur François Fidale. Il faisait une boîte de puzzle, il envoyait ça à ses clients qui le montaient eux-mêmes. Dans la construction d'avion amateur, ça se fait beaucoup. Moi, quand j'ai repris l'activité, j'ai décidé de les fabriquer en série, donc de faire une usine avec du personnel et de ne plus les vendre en kit. On a terminé les homologations dans d'autres pays pour pouvoir se développer et le vendre de série.
Installée aujourd’hui aux Plenesses, l’entreprise s’appuie sur une équipe d’une dizaine d’artisans de haut vol. Des hommes et des femmes motivés par la singularité du projet. Fabienne et Valérie ont du jour au lendemain troqué leur job de secrétaire pour celui d’entoileuse, un métier qu’elles ont appris sur le tas.
Un savoir-faire artisanal au service de l’excellence
Je suis en train de terminer l'entoilage d'une aile. Je chauffe à 140° et je termine en fixant avec mon feutre et mes mains, commente Fabienne Reuter. Il faut surtout pas faire de pli parce que ça peut se prendre avec l'air. Donc il faut que tout soit nickel, lisse et sans aucune aspérité.
Cette approche artisanale constitue l’une des marques de fabrique de l’entreprise.
Le moteur, les pneus et, hormis quelques accessoires, toutes les pièces sont fabriquées entièrement ici, précise encore François Fidale. L’idée, c'est pas d'en faire une énorme société parce que ça voudrait dire qu'on devrait vendre des centaines d'avions par an et je ne crois pas qu'on y arriverait. On veut garder quelque chose à taille humaine et surtout local, et que ça ne parte pas dans les pays de l'Est parce que c'est un avion belge et c'est une histoire qui doit rester ici.
Spécialisée dans l’artisanat aéronautique de luxe, Ultralight Concept évolue sur un marché très spécifique. Aujourd’hui, sept Stampe SV-4-RS sortent chaque année de l’atelier de Petit-Rechain. L’objectif à moyen terme est d’atteindre une production d’une douzaine d'appareils par an.
Depuis le début de l’aventure, ce sont une centaine de répliques made in Verviers qui fendent l’azur européen et, depuis peu, le ciel américain !
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