Depuis le premier janvier, la réforme du chômage est entrée en vigueur. Comment se passe l'accueil des personnes qui ont perdu le droit aux allocations de chômage ? Les CPAS sont-ils surchargés? Reportage aux CPAS de Dison et Spa.
Depuis le 1er janvier, le droit aux allocations de chômage est limité en Belgique et impacte la vie de milliers de personnes. A Dison, 32 personnes exclues du chômage ont déjà poussé la porte du CPAS, dont 29, dès la première semaine. Des chiffres conformes aux estimations du gouvernement, même si le mois n’est pas encore terminé. Leur accueil s’est passé sans heurt grâce des permanences organisées tous les matins.
A Spa et Dison, on a anticipé la réforme
A Spa, même constat. 26 personnes qui ont perdu leur droit aux allocations se sont présentées jusqu'à présent. Le CPAS se préparait à en accueillir 46. Là aussi, pas de file d’attente grâce à différentes mesures anticipativement.
"Nous avons augmenté les temps de permanence, mais aussi renforcé la présence des travailleurs sociaux pour accompagner ces nouveaux bénéficiaires ", explique Ludivine Desonay, présidente du CPAS de Spa. "Pour limiter l'attente et le stress, nous avons aussi décidé d'augmenter le nombre de réunions du comité spécial du service social, qui se réunit désormais tous les 15 jours (NDLR: pour statuer sur les demandes de revenu d'intégration)", explique Ludivine Desonay, présidente du CPAS de Spa.
Les jeunes, majoritaires
A côté des personnes proches de la pension et totalisant plus de 20 ans de chômage au cours de leur carrière, beaucoup de jeunes aussi. Des jeunes qui bénéficiaient jusqu'ici d’allocation d’insertion après leurs études.
"Au fil des arrivées, des dossiers qui se constituent et des accompagnement apportés, on se rend compte que ce les jeunes sont aussi impactés et qu'ils représentent la majorité des bénéficiaires de cette première vague", détaille la présidente du CPAS de Spa.
Des aides complémentaires difficiles à chiffrer
Autre inquiétude partagée par le CPAS de Dison, l’augmentation du nombre d’aides complémentaires, au-delà du revenu d’insertion.
"Il pourrait s'agir d'aides au niveau de l'énergie, du fond de l'eau, des aides au niveau des tickets alimentaires, des colis alimentaires, détaille Virginie Blaise, présidente du CPAS de Dison. Ces aides sont diverses et sont difficiles à évaluer car elles dépendront des difficultés des personnes et des enquêtes sociales réalisées par nos travailleurs sociaux", signale Virigine Blaise, présidente du CPAS de Dison.
Mars et avril, nouvelles "vagues" attendues
Le premier janvier ne constituait que la "première vague". Le premier mars, les personnes qui ont accumulé entre 8 et 20 ans de chômage complet au cours de leur carrière perdront également le droit aux allocations de chômage.
« Notre inquiétude concerne cette future vague de mars », poursuit Virginie Blaise. « Il faudra accueillir de nouveaux bénéficiaires tout en continuant à accompagner ceux qui sont déjà suivis. Au-delà de l’octroi du revenu d’intégration, il y a les aides complémentaires et les projets d’accompagnement individualisés : c’est une charge de travail assez importante »
Le 1er avril marquera une autre étape de la réforme: les allocations de chômage prendront également fin pour les personnes ayant accumulé entre 2 et 8 ans de chômage.
Au total, à Dison le CPAS, qui suivait jusqu’ici environ 800 dossiers, pourrait dépasser le cap des mille bénéficiaires avec l’entrée en vigueur de cette réforme.
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