L'implantation spadoise de l'Institut Saint-Roch va fermer ses portes. En cause? Une chute du nombre d'élèves. Ces derniers jours, l'heure est au déménagement du matériel et au tri des archives. Non sans une certaine tristesse.
Les armoires se vident, les archives s'entassent dans les cartons et les salles de cours se préparent à changer de visage. À Spa, l'Institut Saint-Roch vit ses derniers jours. Faute d'élèves en nombre suffisant, l'établissement ferme ses portes après plusieurs décennies d'existence.
« Cette cuisine pédagogique, c'était mon QG », confie Sylvie Dewez, régente en Economie familiale et sociale. « Cela fait presque 18 ans que je suis ici. Je ne dis pas que l'émotion n'est pas là. Mais pour les élèves, j'essaie de rester positive. »
Des élèves relocalisés
Pour les élèves, des solutions ont été trouvées. Les futures puéricultrices effectueront leur prochaine rentrée sur l'implantation Saint-Roch de Theux.
Pour les enseignants, la situation est parfois plus complexe. Certains ont déjà perdu des heures de cours au fil des réformes successives.
« Avec la fermeture de la 3e professionnelle l'an dernier, j'avais déjà perdu plusieurs heures », explique Sylvie Dewez. « J'avais été réaffectée à Theux et l'année prochaine, je suivrai mes élèves là-bas. »
L'impact de réformes successives
La fermeture de l'école n'est pas le résultat d'une décision soudaine. Elle s'inscrit dans une évolution amorcée depuis plusieurs années.
Les élèves en "Esthétique" ont déjà été transférés l'an passé à Theux. La section Coiffure, elle, disparaîtra une fois que les deux dernières élèves auront terminé leur 6e année. D'autres sections ont déjà fermé.
« Avec la création du bachelier en petite enfance, des élèves qui se dirigeaient auparavant vers le professionnel choisissent désormais directement cette filière », explique Nancy Demaret, directrice adjointe et responsable de l'implantation de Saint-Roch Spa. « À cela s'ajoute le décret-programme 1 adopté fin 2024-2025 qui s'attaquait principalement à l'enseignement qualifiant. Les élèves de 3e et 4e année majeurs - et on en a beaucoup dans l'enseignement qualifiant - qui décrochaient pendant un an ne pouvaient plus se réinscrire. Les élèves qui avaient leur CESS ne pouvaient plus faire une autre formation qualifiante. Tout cela a contribué à faire diminuer nos effectifs. »
"Cette école, c'est notre maison"
Dans les bureaux, une autre tâche occupe désormais le personnel : le tri des archives. Certains documents remontent à 1961. Des archives doivent être préservées durant 50 ans, d'autres, une fois rendus anonymes, peuvent être supprimés. Un travail nécessaire qui s'effectue le cœur en berne.
« Certains enseignants ont effectué toute leur carrière ici », rappelle Nancy Demaret. « Notre professeure de puériculture, par exemple, enseigne dans cette école depuis quarante ans. Même si elle poursuivra ailleurs, elle est très triste. Cette école, c'est sa maison. C'est un peu notre maison à tous. »
Une nouvelle vie pour les bâtiments
Si l'Institut Saint-Roch s'apprête à tourner définitivement une page de son histoire, les bâtiments ne resteront pas vides longtemps.
Dès la prochaine rentrée scolaire, ils accueilleront l'École d'enseignement secondaire spécialisé Saint-Édouard de Stoumont, qui viendra y installer ses classes.
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