Ils ont laissé cahiers et salles de classe pour enfourcher leurs vélos. Ce matin, un peloton est parti de Verviers pour acheminer au Parlement de la FWB des milliers de lettres d’enseignants, élèves et parents opposés aux mesures de Valérie Glatigny.
Pas de factures ni de cartes postales dans leurs sacoches, mais des milliers de lettres de contestation. Ce matin, enseignants et élèves ont donné le coup d'envoi à Verviers d'une étonnante tournée postale à vélo. Un périple de 168 kilomètres qui les conduira jusqu'au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour faire entendre leur opposition aux réformes portées par la ministre Valérie Glatigny. Bien sûr, nous exprimons notre opposition aux réformes de madame Glatigny, mais nous choisissons de le faire en renforçant les liens et dans une ambiance festive » explique Tanguy Wera, Professeur au Lycée Léonie de Waha.
Profs, parents et élèves en selle
Il n’y a donc pas que des professeurs qui se sont mués en facteurs-cyclistes. En selle aussi, des parents… et des élèves. « Ce qui me révolte le plus, c’est la manière dont la question des deux heures est mise en avant, comme si les professeurs étaient des fainéants. Alors qu’en réalité, derrière, se cache une série de mesures bien plus graves et plus impactantes. C’est cela qu’il faut défendre » explique cette maman.
Profs, parents et élèves en selle
« L’avenir de la Belgique se joue dans ses écoles. Ce n’est pas nous qu’il faut pointer du doigt. Je suis ici pour me faire entendre. Nous sommes soudés et déterminés à faire entendre notre voix. Nous ne lâcherons rien et nous continuerons tant que les réformes ne seront pas annulées », raconte cette élève.
Un front politique et des critiques sur les réformes
Les enseignants ont choisi une voie originale pour se faire entendre. À défaut d'être entendus, disent-ils, les acteurs de l'enseignement ont décidé de distribuer eux-mêmes leur message. Ils sont soutenus par plusieurs formations politiques d’opposition qui ne désespèrent pas voir la majorité MR – Engagés faire marche arrière. « Il faut travailler avec espoir et garder une part d’idéalisme. Il faut aussi se dire qu’il reste des démocrates au MR et chez Les Engagés. On espère qu’ils entendront raison et qu’ils se diront : “stop, écoutons le terrain et construisons avec lui”. Travaillons avec toutes les personnes présentes ici, qui formulent des propositions. Elles ne sont pas là pour détruire, mais pour apporter des solutions pour l’école » insiste Valérie Dejardin, Députée communautaire PS.
« Nous avons déjà obtenu deux reports du vote. Nous attendons désormais la décision du Conseil d’État. Ensuite, nous continuerons à nous battre pour défendre les acteurs de l’école, qui en ont bien besoin », explique Hajib El Hajjaji, Député communautaire Ecolo.
« Tous ces élèves qui bénéficieront d’un encadrement moins important dans le secondaire auront aussi plus de difficultés à accéder à l’enseignement supérieur, d’autant que le minerval va augmenter à 1 200 euros. Au final, cela signifie une école de moins bonne qualité », explique Amandine Pavet, Députée communautaire PTB
Une “petite reine” pour faire passer le message
Du tableau noir à la petite reine, les enseignants changent de monture… La mobilisation s’est ensuite rendue à Herve où le peloton s’est encore agrandi. Habitués à faire avancer leurs élèves, ils ont décidé cette fois de faire avancer leurs revendications à coups de pédale.
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