François Levaux est paralysé des jambes. Mais cela ne l'empêche pas de pratiquer son sport, le badminton, avec des personnes valides. À travers son exemple, c'est un changement de regard qu'il souhaite apporter sur le handicap et le sport.
Né avec un spina bifida, une malformation due à une fermeture incomplète de la colonne vertébrale, François Levaux a vécu les 10 premières années de sa vie en étant 100% valide. Mais les choses se sont compliquées par la suite. Aujourd'hui parmi les personnes moins valides, il souhaite casser les cases « valides » et « non-valides » dans le sport et montrer que la mixité est possible sans devoir déplacer des montagnes. "Je me considère d'ailleurs comme une personne hybride, parce que j'ai été valide et je suis aujourd'hui invalide. J'ai vécu les deux situations et j'avais besoin de me retrouver avec des personnes valides, comme cela a toujours été le cas depuis ma naissance. Ici, l'expérience est très enrichissante. Je la vis aussi quotidiennement dans mon travail. C'est un échange très puissant, car la différence n'existe plus en fait".
Pas d'offre handisport compatible
Avant de se diriger vers le club de badminton de Charneux, François Levaux s'était renseigné auprès de structures handisport. Mais il a été confronté à l'absence d'offres compatibles avec sa vie et avec ses objectifs. "Je cherchais uniquement à faire du sport pour le sport, pour être avec d'autres gens, pouvoir bouger et entretenir mon corps. Je ne recherchais pas la compétition. C'est pour cela que je voulais me tourner vers quelque chose de plus simple. Ma recherche a donc été inversée, car je souhaitais surtout m'inclure dans un club proche de chez moi, et cela a fonctionné".
"Je cherchais uniquement à faire du sport pour être avec d'autres gens, pouvoir bouger et entretenir mon corps. Je ne recherchais pas la compétition"
Les adaptations sont minimes : au niveau du matériel, rien ne change. Ce sont simplement quelques règles qui ont été modifiées, comme l'explique Vincent Ledoux, président du club de badminton de Charneux. "On n'utilise pas tout le terrain, pour éviter des difficultés au niveau de la mobilité. François reste dans une partie du terrain et on adapte notre jeu en fonction de lui. Nous sommes dans un club loisir, on vient pour se faire plaisir, passer un bon moment entre copains, et intégrer François était une très bonne idée".
Un avis partagé par d'autres membres du club, comme Terry Clerfays. "François est quelqu'un de très agréable et ne veut pas déranger. On l'a accueilli à bras ouverts et tout se passe super bien".
Le sport, pas uniquement une activité élitiste
À travers son exemple, François Levaux souhaite apporter un changement de regard sur les possibilités qui existent afin d'intégrer facilement des personnes moins valides dans des clubs valides et rappeler aussi que le sport n'est pas qu'une activité élitiste, mais que c'est d'abord un moment de dépassement de soi, d'amusement et de partage.
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