Dans le cadre du "Printemps de la Coopération", coopératives et associations citoyennes de tous horizons se sont rassemblées à Dison pour partager leur expérience et transmettre les valeurs fondamentales de l’économie sociale.
Elles sont une vingtaine de coopératives ou encore d’associations citoyennes à s’être donné rendez-vous à l’Espace Tremplin à Dison. Le temps d’un après-midi, toutes ont célébré ensemble le printemps… mais pas n’importe lequel : celui de la coopération. Derrière cet événement, l’objectif est clair : mettre en lumière ces entreprises actives dans des secteurs aussi variés que le logement, la finance, la santé, l’énergie, l’éducation ou encore l’alimentation. Toutes ont fait le choix de bâtir leur activité sur un modèle économique fondé non pas uniquement sur le profit, mais aussi sur l’humain, l’environnement, le collectif et la solidarité, comme le souligne Aurélie Vandendijck, co-organisatrice de cette première édition du « Printemps de la Coopération » :
C'est vrai que l'économie, on en a besoin évidemment pour fonctionner. On a besoin des banques, on a besoin de cela pour pouvoir créer des projets. Mais avant tout, c'est l'humain qui est derrière qui est important. La relation que nous avons développée ici aujourd'hui entre les partenaires pour créer cet événement est vraiment basée aussi sur l'humain plutôt que sur le profit.
Inverser les logiques économiques
À l’heure où dominent l’individualisme et la recherche du profit à tout prix, la question se pose : comment faire émerger et grandir ce modèle coopératif pour qu’il s’installe durablement ?
Pour certains, la réponse passe par un véritable changement de paradigme. Après un parcours dans l’économie dite classique, Emmanuel Everarts de Vel, ingénieur civil de formation et auteur de deux livres dont un intitulé "Osons la coopération", a fait le choix en 1999 de travailler au sein d'une coopérative. Pour rien au monde, il ne reviendrait en arrière :
Là, j'ai découvert qu'il y avait moyen de travailler autrement avec d'autres valeurs, d'autres objectifs et j'ai plus jamais quitté ce système-là. Vraiment, on doit retourner le sablier, on doit faire l'économie dans l'autre sens. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la compétitivité, c'est le socle de notre économie et la coopération, parce que si on arrive à faire tout ce qu'on fait aujourd'hui, c'est quand même dans la coopération, mais c'est sur le socle de la compétitivité, et c'est exactement l'inverse qu'il faut faire, et c'est ce qu'on crée ici. C'est la coopération qui doit être le socle et après soyons compétitifs pour faire les choses bien.
Des projets concrets sur le terrain
Cette volonté de travailler autrement anime aussi Sébastien Reinders qui, avec ses partenaires de la Brasserie de Verviers, a tout récemment opté pour le modèle coopératif à finalité sociale :
L'idée est vraiment d'accueillir à la fois des stagiaires et des ateliers de présentation à des gens qui sont un peu loin de l'emploi. Voilà, on va essayer de s'intégrer dans l'écosystème CISP (Centre d'Insertion Socioprofessionnelle), aides à l'emploi et autres. Donc, c'est vraiment une idée de rassembler ce qu'on savait déjà faire, c'est-à-dire l'artisanat brassicole avec une vision plus ouverte, plus culturelle de notre travail.
Un modèle qui repose sur l’engagement
Ces entreprises de l’économie sociale reposent très souvent sur l’engagement de volontaires. Pour assurer leur avenir, un enjeu majeur se dessine : encourager le bénévolat et renouveler les forces vives. Attirer de nouveaux membres, animés par l’envie de contribuer à une société plus solidaire, apparaît essentiel. Sans forcément prétendre changer le monde, ces coopératives entendent au moins le rendre meilleur, en répondant aux besoins de la collectivité plutôt qu’aux intérêts financiers d’une seule personne, voire d'une poignée d'individus.
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