Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs manifestent leur colère. Ils mettent la pression sur l’Europe. Mais le monde agricole ne parle pas d’une seule voix. Rencontre avec un couple d’agriculteurs de chez nous qui a opté pour un modèle durable et rentable.
L’Europe et sa Politique Agricole Commune cristallisent la colère des agriculteurs depuis de longues semaines. Pour répondre à la pression du monde agricole, l’Europe a revu sa copie sur certains points mais avoir cédé sur le "Pacte vert" et retirer le règlement qui vise à réduire de moitié les pesticides est une ineptie pour beaucoup d’agriculteurs qui considèrent qu'on se trompe de cible.
"Les intentions de l’Europe sont bonnes et puis on voit maintenant les agriculteurs qui vont dans la rue et ça va nous donner des pesticides en plus pendant des années. La même chose pour le "Roundup". On sait très bien que le "Rounup" va disparaître un jour, que c'est toxique etc...Tout le monde le sait, il faudrait être un imbécile pour ne pas le savoir. Ils l'ont reporté pendant 10 ans. C'est pour les intérêts de qui? Des petits fermiers? Non, c'est pour les agro-industries!".
L’Europe, c’est aussi une manne de plusieurs dizaines de milliards d’euros pour soutenir les agriculteurs des pays membres.
"Il n' y a quasi aucune ferme qui saurait vivre sans l'Europe, parce que l'Europe elle donne à l'agriculture un fric monstre. Il ne faut jamais oublier ça. Sur chaque hectare, on a des primes, sur plein de choses on a des primes et sans ça, il n'y a aucune agriculture qui est viable. Les fermes qui arrivent à se diversifier, à vendre local, à faire du tourisme et à faire ça en petit elles ont peu de frais et peuvent vendre à un prix convenable et s'en sortir".
Pour Remi et Véra, agriculteurs depuis près de 40 ans, la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Malgré les différentes crises, ils sont restés fidèles au modèle agricole qu’ils ont choisi auquel ils croient et continuent à croire à savoir une agriculture paysanne voire familiale qui s'inscrit dans une perspective de développement durable, de respect de l'environnement et du maintien des liens sociaux. Construite en 1649, la Ferme de Neubempt se situe au coeur de la région des Trois Frontières. L’exploitation compte 40 hectares de terre loués et un cheptel de 30 vaches.
"ça correspond à ce que nous on a toujours voulu faire et donc ça a du sens. Ce qu'on fait a du sens. On est contents de ce choix là. On a jamais regretté…"
Aussi, ce n’est peut-être pas tant la politique européenne qui est à blâmer mais bien le modèle agricole qu’elle sous-tend. Cependant changer de modèle ne dépend pas que des seuls agriculteurs. Responsables politiques, consommateurs et secteur de la grande distribution ont tous une responsabilité dans cette crise et un rôle à jouer pour inverser la tendance et rendre ainsi aux agriculteurs la maîtrise de leur exploitation; la fierté de produire bon et bien!
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