Un déferlement de haine, c'est ainsi que Stéphanie Cortisse qualifie les messages injurieux et sexistes qu'elle reçoit sur les réseaux sociaux depuis la parution d'un article. Face à cette vague d’attaques, la députée libérale a décidé de porter plainte.
Très active sur les réseaux sociaux et dans la presse, Stéphanie Cortisse commente régulièrement l'actualité. Elle s'expose à la critique et l'assume. Loin de se douter de la violence de la toile suite à un article paru ce samedi dans l'Avenir. « C'est un article où un journaliste local m'interroge simplement sur ce que je pense de mon président de parti, explique-t-elle. Un président élu démocratiquement dans un parti démocratique et donc quoi de plus normal que de donner mon avis en tant que femme politique. Et ça se tourne en sexisme dans le sens où beaucoup de gens estiment que si j'ai un avis positif sur mon président qui est assez contesté de manière générale, c'est que forcément, j'ai couché avec. »
Des propos dégradants publiés par centaine, des menaces de mort aussi. Les traits tirés, la député libérale estime une limite franchie. Elle s'est rendue ce lundi fin de journée, chaussée de Heusy, pour porter plainte. « Je ne veux pas laisser passer ça, non seulement pour l'ensemble des femmes en politique qui subissent ça mais de manière plus générale, pour les femmes dans la société. Notamment celles qui ont des responsabilités et pour qui, on insinue, qu'elles ne pourraient pas avoir les mêmes carrières qu'un homme simplement si elles ne sont pas passées sous le bureau. »
Ce qui interpelle aussi l'élue verviétoise, c'est ce que représente internet : une zone, selon elle, de non droit. « Maintenant, les gens ne se cachent même plus derrière des faux profils, ils publient en leur nom propre, on voit leur photo donc ça va être beaucoup plus facile de les identifier auprès de la police. Donc ça c'est une bonne chose mais on voit que cette impunité va jusqu'à ce que ces personnes n'aient même plus cette crainte d'être reconnues sur les réseaux sociaux. »
Car la loi reconnait ces commentaires comme relevant du délit de presse. Une infraction rarement portée devant la cour d'assises. « Celui qui écrit sur les réseaux sociaux a la même protection qu'un journaliste, ce qui n'est pas normal donc l'objectif ça va être de pouvoir juger ces gens devant les tribunaux ordinaires et donc le tribunal correctionnel. Ce qui permettra concrètement les poursuites même si c'est déjà pénalement répréhensible. »
L'impunité est illusoire : comme le rappelle Adrien Masset, professeur de droit pénal à l'ULiège, d'autres voies légales existent. « Il y a une autre sanction, c'est la civile, en dommages et intérêts donc réparer le dommage causé à la victime et pour la réparation du dommage moral ça peut être le paiement de milliers d'euros pour s'être laissé aller à ces propos là »
Si la liberté d'expression est un droit, elle n'est pas sans limites. Stéphanie Cortisse et son parti envisagent déjà la possibilité de modifier la législation sur les délits de presse.
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