Comment fidéliser ses collaborateurs dans un secteur où le savoir-faire est précieux ? À Sourbrodt, Fabrigroup a choisi d'ouvrir son capital à ses salariés. Un dispositif original qui lie aussi une partie des dividendes au bien-être au travail.
Christophe Philippe est menuisier. Cela fait treize ans qu'il travaille chez Fabrigroup. Depuis le 4 juin dernier, il est officiellement devenu actionnaire de l'entreprise qui l'emploie. « Cela va m'impliquer encore davantage dans l'entreprise. Je sais qu'elle va perdurer. On connaît notre produit, on sait ce qu'on fabrique et on est fiers de la qualité de notre travail. Franchir le pas ne m'a donc pas fait peur. »
Comme lui, 26 autres collaborateurs ont décidé d'investir dans leur entreprise. Pour cette PME de Sourbrodt, spécialisée dans la fabrication de châssis haut de gamme, l'objectif est de renforcer l'implication de ses équipes dans le développement de l'entreprise.
Des dividendes aussi liés au bien-être au travail
La particularité du dispositif réside dans le calcul des futurs dividendes. Ceux-ci ne dépendront pas uniquement des résultats financiers, mais aussi de plusieurs indicateurs liés au fonctionnement de l'entreprise. « Nous avons ajouté trois critères : le bien-être au travail, la satisfaction des clients et le taux de présentéisme. Je suis convaincu que lorsqu'un collaborateur se sent bien, il travaille bien. Chaque salarié remplira un questionnaire portant notamment sur l'ergonomie, la formation ou la qualité. Celui-ci sera suivi d'un entretien individuel afin d'identifier d'éventuelles pistes d'amélioration », explique Philippe Justin, administrateur délégué de Fabrigroup.
Un modèle conçu pour être accessible
Ce modèle inédit a été développé avec le concours de l'avocat Luc Foguenne. L'objectif était de rendre l'actionnariat salarié accessible au plus grand nombre. Chaque action est proposée au prix de 500 euros. « Nous avons voulu mettre ce système à la portée de tous. Son originalité réside dans le fait que le rendement ne dépend pas uniquement des résultats financiers de l'entreprise. Il prend également en compte le bien-être des équipes, la satisfaction des clients et l'absentéisme. »
Fidéliser les collaborateurs
Au-delà de l'aspect financier, Fabrigroup espère surtout renforcer le sentiment d'appartenance à l'entreprise. Une manière de fidéliser ses collaborateurs dans un secteur où le savoir-faire constitue l'une des principales richesses. « Mon grand-père a créé l'entreprise, mon père l'a développée, à moi désormais d'assurer sa pérennité. Pour y parvenir, nous avons besoin de collaborateurs qui s'inscrivent dans la durée. Aujourd'hui, recruter est devenu un véritable défi. Nous devons donc nous démarquer des autres employeurs. »
Cette ouverture du capital s'inscrit dans une stratégie de développement plus large. En treize ans, Fabrigroup a investi 13 millions d'euros dans la modernisation de ses bâtiments et de son outil de production. De quoi préparer l'avenir de cette entreprise familiale.
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