C’est un énorme dossier d’escroqueries au crédit, qui remplit 7 volumineux cartons et pour lequel trois audiences entières ont été prévues, qui s’est ouvert devant le tribunal correctionnel. Il a fait près d’une cinquantaine de victimes.
Le procès est à charge essentiellement de deux frères bien connus de la justice à qui l’on reproche pour l’un 66 préventions, et pour l’autre 48 préventions. Un trio de comparses est aussi beaucoup moins impliqué dans l’affaire.
Leur système était simple : ils convainquaient des marginaux, des SDF, des gens vulnérable qui avaient besoin d’argents ou soit naïfs et crédules d’ouvrir un crédit pour l’achat de téléphones ou de divers appareils électroménagers, qu’ils récupéraient par la suite pour les revendre. Moyennant une compensation financière et un gros mensonge : que leur crédit serait ensuite annulé par quelqu’un de haut placé à la Banque nationale. Bien entendu, ils ne voyaient jamais venir leur compensation ou alors très minime, et le crédit leur restait sur le dos. Le préjudice se monte à plusieurs dizaines de milliers d’euros, si on s’en réfère à ce que réclament deux parties civiles qui se sont constituées jusqu’à présent : 77.000 € pour une société de crédit, et 3.000 € pour un particulier. L’un avouera d’ailleurs qu’il se faisait de 5 à 6.000 € par mois pendant les neuf mois qu’a duré l’arnaque.
Un beau parleur
Curieusement, à l’ouverture du procès, aucun des prévenus n’est présent. Finalement, on en amène un, bien forcé puisqu’il se trouve à nouveau en prison après son arrestation la semaine dernière dans le cadre d’une autre affaire. Ce dernier est en aveux : « Tout se passait en douceur, par le charme car je suis un beau parleur. Je faisais ça sans penser aux conséquences, en croyant que ce n’était pas grave, juste un gros mensonge. J’ai sauté sur l’occasion que m’offrait mon frère, car je n’avais pas de revenus. L’argent ? On a tout flambé dans des fêtes, dans l’alcool et la drogue. »
Pour Mme Wéry, ministère public, si certaines victimes se sont rendu compte qu’elles trempaient dans une affaire pas nette, ce sont surtout à des gens vulnérables par naïveté ou besoin d’argent qu’ils s’en sont pris, d’où une prévention supplémentaire d’abus de faiblesse. Et ce, avec la complicité d’un gérant d’une enseigne bien connue qui remplissait des demandes de crédit en masse sans se poser de questions.. Elle rappelle le casier judiciaire d’un des prévenus, qui compte 36 condamnations, et de son frère une dizaine. Toutefois, les peines réclamées sont modérées en raison du délai raisonnable, car les faits datent de… 2018 ! C’est que l’instruction a été longue et difficile, et puis le dossier, volumineux, a traîné dans une armoire en raison du manque d’effectifs en magistrats pour s’y atteler. Elle requiert 3 ans de prison pour l’un et 2 ans pour l’autre, ainsi que quelques mois pour les comparses. La suite du procès dans 15 jours.
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