Des piquets de grève étaient à nouveau organisés devant les écoles ce mardi, principalement devant les établissement secondaires du centre de Verviers. Des actions du personnel sont prévues jusqu'au 27 mai, en front commun, désormais.
Au lendemain d’une première journée d’action qui avait surpris de nombreux parents et élèves, beaucoup s’attendaient ce matin à découvrir un nouveau piquet de grève devant l’Institut Notre-Dame de Heusy, comme dans plusieurs écoles verviétoises. À l’entrée de l’établissement, élèves et parents sont accueillis avec des explications sur les revendications des enseignants.
L'école a l'obligation d'accueillir les enfants. Elle s'organise chaque jour en fonction des moyens humains disponibles, entre remédiation, apprentissages et groupes de paroles.
« Comme c’est une grève qui évolue de jour en jour, on reçoit les informations au jour le jour », explique Mathéo Bailly, élève à l’Institut Notre-Dame de Heusy. « Aujourd’hui, je vais voir comme tout le monde si j’ai cours ou pas. »
Une organisation au jour le jour
« Hier, nous avons été un peu pris au dépourvu », reconnaît Déborah Lorguet, directrice adjointe faisant fonction. « L’objectif, c’est que les élèves soient en sécurité. Nous demandons aux parents de nous prévenir s’ils gardent leurs enfants à la maison. Nous avons aussi demandé aux enseignants de supprimer les évaluations jusqu’au 27 mai parce que c’est ingérable pour le moment. »
Des élèves qui soutiennent leurs professeurs
Si l'incertitude et la complexité à s'organiser dominent chez les élèves interrogés au hasard, tous soutiennent à 100% leurs professeurs dans leurs actions (cfr. @students.attacks, collectif créé par des étudiants verviétois)
« Il ne faut pas croire qu’un professeur travaille uniquement à l’école. Il y a tout le travail derrière qu’on ne voit pas », rappelle Mathéo Bailly.
Pour d’autres, certaines réformes annoncées touchent directement les élèves les plus fragiles, ayant échoué à leur CEB. « Je trouve que ce n’est pas normal de supprimer le différencié. Ce n’est pas juste pour ceux qui sont en difficulté », estime Trystan, élève dans l’enseignement différencié.
« C'est compliqué en tant qu'élève de participer à ces mouvements là parce que je ne suis qu'un élève. Je n'ai pas encore le poids nécessaire pour pour me faire entendre, estime Martin Freyens. Il y a beaucoup de choses qui me heurtent, notamment l'augmentation du Minerval. L'enseignement ce n'est pas c'est pas le milieu pour faire des économies. Il y a d'autres milieux comme la taxe des 1 % par exemple qui n'est pas passée. »
Les professeurs présents sont déterminés à faire plier le gouvernement.
« On essaye souvent de faire passer les professeurs pour des privilégiés ou des fainéants, mais les élèves savent qu’on est là pour eux », affirme Emmanuelle Duysens, professeure de langues.
« Ils savent que c'est pour leurs conditions d'apprentissage qu'on se bat, que quand les enseignants sont épuisés, c'est la qualité de leurs apprentissages qui en est impacté ».
Une mobilisation désormais en front commun
Si le vert de la CSC dominait encore les premières actions, la mobilisation s’organise désormais en front commun avec la CGSP Enseignement et le SETCa-FGTB. Tous dénoncent le décret-programme actuellement porté par le gouvernement wallon.
Pour Fabien Crutzen, permanent CSC-Enseignement Liège-Verviers, les conséquences seraient lourdes: « Quand on retire des moyens à l’école primaire pour la gratuité, ce sont les familles de la classe moyenne et les plus précaires qui paient la note. »
En ligne de mire aussi les suppressions annoncées dans le secondaire.
« On parle de 1.500 emplois supprimés. Si une entreprise perdait autant d’emplois, on parlerait d’un drame social. Ici, on nous dit "C'est normal, c'est une question d'austérité." L'austérité, c'est un choix que fait notre gouvernement »
Le décret poursuit son parcours
Le décret-programme continue, pour le moment, son parcours législatif. Il doit encore être examiné en commission parlementaire ces jeudi et vendredi, avant le vote prévu le 27 mai.
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