Face aux réformes annoncées par le gouvernement, les enseignants des académies artistiques tirent la sonnette d’alarme. Ils craignent que la hausse des coûts liés à l’inscription ne fragilise davantage l’accès à la formation culturelle et artistique.
Les professeurs des arts de la parole, de la musique et de la danse se mobilisent eux aussi contre les mesures du gouvernement. L’augmentation des frais d’inscription dans les académies risque de réduire l’accès à la culture pour de nombreuses familles.
"Les frais d’inscription pour les moins de 12 ans, notamment, qui étaient gratuits jusque-là, vont fortement augmenter, de plus de 90 euros. Et il y a plein de familles qui ne pourront pas se le permettre, notamment celles qui ont plusieurs enfants ou plusieurs activités à financer. Cela va véritablement créer une différence d’accès à la culture", explique Manuel Chemla, professeur de théâtre au Conservatoire de Verviers.
Un enfant sur cinq sous le seuil de pauvreté
"En Belgique, un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Les mesures qui vont être prises ne feront qu’augmenter cet écart entre les différentes classes sociales. Je voudrais aussi rappeler que cela fait partie de nos missions, en tant que professeurs artistiques, de rendre la culture accessible", précise Elisabeth Rasson, professeure au Conservatoire de Verviers.
Cette action de sensibilisation n’a pas pour objectif de bloquer le Conservatoire, mais plutôt de faire entendre leur voix dans un esprit de bienveillance.
"Nous voulons une véritable discussion avec des personnes de terrain, qui connaissent les élèves et les classes. Nous voulons simplement être écoutés, parce qu’actuellement, il n’y a pas d’écoute de la part du gouvernement. Nous n’avons pas forcément les moyens de mobiliser des millions de personnes, mais les répercussions de ces réformes se feront sentir pendant des années. C’est de cohésion sociale dont il est question, c’est un véritable projet de société. Aujourd’hui, nous sommes là avec nos instruments, dans une ambiance bon enfant, mais ce qu’il se passe est grave", ajoute Manuel Chemla.
Professeurs et élèves entendent poursuivre la mobilisation afin de préserver l’accessibilité à l’enseignement artistique.
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