Succéder à la R5, reine des ventes, relevait du défi. Dessinée par Gandini, la Supercinq modernise sans trahir, affronte la Peugeot 205 et se décline à l’infini. Retour sur une citadine devenue icône des années 80.
L’histoire qu’on va vous conter aujourd’hui est celle d’une voiture de la deuxième génération. Jamais simple, surtout quand on succède à celle qui a été la plus vendue en France entre 1974 et 1983. Avec ses 5 millions d’exemplaires, la Renault 5 a tout simplement révolutionné le marché des citadines, dans la foulée d’une Renault 4 qui avait déjà été un best-seller.
Un héritage lourd à assumer
Dès 1978, la marque française anticipe l’avenir et pense à la suite. Pas simple, évidemment. Parmi les postulats de départ, il y a le souhait d’en finir avec l’héritage de la 4, toujours bien présent sur la 5, ce qui se traduira par l’adoption d’un nouveau moteur, le Cléon-Fonte, installé de façon transversale. Pour le reste, les observateurs attendaient avec impatience le fruit du travail du bureau de style, qui avait tout intérêt à ne pas se planter, vu l’enjeu…
Et c’est d’Italie que va arriver la solution ! Le célèbre designer Marcello Gandini, dont le coup de crayon avait abouti à la naissance de rutilantes sportives, à l’instar de la Lamborghini Countach, décidait en fait de ne rien révolutionner ! Plutôt que de réinventer les lignes de la nouvelle 5, il préférait miser sur une modernisation du look de la première. Gandini décidait ainsi de conserver les boucliers en plastique qui avaient fait le succès de la citadine au losange, mais surtout le profil du best-seller. Pour faire court, il était décidé de donner un air des années ’80 à une voiture symbolisant les années ’70.
Au Salon de Paris 1984, le public découvre alors une 5 devenue Supercinq qui a le don de rassurer. Oui, la deuxième génération est différente de la première, mais le lien de filiation est évident. La Supercinq s’impose donc comme une 5 en mieux, ce qui soulage le plus grand nombre, des décideurs de Renault aux utilisateurs de petites autos. Qui restent les plus nombreux et ceux grâce auxquels un constructeur peut faire du chiffre !
Lors de son lancement, la Supercinq est présentée avec des mécaniques essence uniquement, de 1100cc pour les L et TL, à 1400cc pour les GTL, GTS et TS. Le tout pour une puissance allant de 47 à 72 chevaux.
Si la Supercinq séduit d’emblée, contrairement à ce qui s’était passé avec la Renault 5, en face, il y a une fameuse concurrence ! Peugeot a en effet lancé sur la route son sacré numéro, la 205, qui s’impose d’emblée comme la voiture la plus vendue de l’année ! Ce qui va inciter Renault à rapidement faire évoluer la gamme de la Supercinq, voiture bien de son époque, qui ne cessera de bouger.
Une citadine caméléon, reflet de son époque
Dès le début de l’année 1985, une mécanique de 956cc est proposée sur les Supercinq C et TC, avec une puissance de 42 chevaux en guise d’entrée de gamme. A l’autre bout, la Supercinq se fait sportive avec l’apparition de la GT Turbo, qui fait rapidement oublier les 5 Alpine et Alpine Turbo de la première génération. Ajoutez-y une boîte de vitesses automatique à trois rapports, l’apparition d’une version 5 portes, et Renault passe très rapidement le cap du demi-million de Supercinq produites !
Et ce n’est pas fini ! Une mécanique diesel de 1600cc et 55 chevaux fait son apparition, histoire de frapper encore plus fort ! Quant à la Five, qui représentera dès 1987 une nouvelle entrée de gamme, elle permettra au modèle de poursuivre sa marche en avant, qui plus est avec une calandre et des boucliers inédits ! Cette Five annoncera en fait une Phase II dès 1987, avec notamment l’apparition d’une mécanique essence de 1721cc, développant 90 chevaux.
Ce qui va en fait marquer la carrière de la Renault Supercinq, ce sont les différentes séries limitées qui seront proposées. Notre modèle d’essai, une Campus, en constitue d’ailleurs un parfait exemple. Au même titre que la Baccara, qui multiplie les options, avec même un intérieur cuir ! Et un tarif à l’avenant. Au fil des ans, le losange tire dans toutes les directions, et ça fait mouche ! On a ainsi vu défiler des Supercinq NRJ, Schuss, Coup de Cœur, Tiga, Saga, Blue Jeans, Carte Jeunes, etc. Bref, la deuxième génération de la R5 a plus que jamais été une voiture de son époque, collant aux tendances et modes du marché !
Il était néanmoins dit que la belle histoire allait s’arrêter. D’autant qu’en 1990, Renault frappe une nouvelle fois très fort en présentant officiellement celle qui va succéder à la 5 : la Clio ! Progressivement, les chiffres de production de la Supercinq vont décliner, ce qui permettra d’ailleurs à la Peugeot 205 de retrouver la première place des ventes en France, titre que la Supercinq lui avait ravi les quatre années précédentes !
Renault ayant eu jusqu’au bout de la suite dans les idées, l’ultime série spéciale de la Supercinq se nommera Bye Bye. Elle a été lancée en 1996, mettant un terme à 12 années d’une carrière bien remplie, avec près de 3.500.000 exemplaires produits. C’est moins bien que la 5 de première génération, certes, mais cela a permis à la Supercinq d’être bien plus qu’une simple suite logique…
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