Lancée en 1983, la Corvette C4 divisa les puristes : trop moderne et pas encore une vraie sportive. Pourtant, elle réinventa la Corvette, marqua l’histoire et permit de célébrer la millionième depuis la C1, laissant une empreinte durable.
Dans l’histoire de l’automobile américaine et de l’automobile sportive, la Chevrolet Corvette fait incontestablement partie des plus grands succès ! C’est en 1953 que la première génération de la Corvette a été présentée. Une auto bien dans le ton des fifties, qui péchait néanmoins par une mécanique qualifiée de peu performante. Dix ans plus tard, la C2, baptisée Sting Ray, changeait la donne, avec sous le capot un V8 développant jusqu’à 450 à 500 chevaux. Que dire alors de la C3, née une autre décennie plus tard, dont le look était plus radical que jamais ! Cette Corvette illustrait à merveille le goût de certains Américains pour les voitures aussi sportives que tapageuses...
La révolution C4 : une Corvette repensée
Si 1983 marquait le trentième anniversaire de la Corvette, aucune version ne date en fait de cette année-là ! Il a fallu attendre 1984 pour voir débouler une quatrième génération, la C4, qui, si elle assurait une certaine continuité stylistique avec celles qui l’avaient précédée, paraissait bien plus sage que la ‘rock’n roll’ C3 ! Carrosserie, châssis, trains roulants, tout avait été revu, même si, dans un premier temps, ce sont les mécaniques de la C3 qui avaient été privilégiées. Rapidement, l’évolution des V8 de 5,7 litres allait changer la donne.
Conçue par Dave McLellan et Jerry Palmer, la C4 ne jouait pas la carte de la sportivité pure à son lancement. Entre la réglementation sur les émissions et l’arrivée de la gestion électronique des moteurs, Chevrolet avait privilégié maniabilité et qualité de freinage, pour un confort de conduite inédit sur une Corvette.
Design et habitacle : sportivité et élégance
Esthétiquement, la C4 est plutôt réussie. L’avant est marqué par un système de phares intégrés, tandis que l’arrière conserve les doubles feux ronds emblématiques de la Corvette. L’habitacle, quant à lui, mêle sportivité et raffinement : cette voiture n’était pas destinée aux familles, mais à des conducteurs pressés désirant du style sans extravagance excessive.
Les versions ultérieures, équipées du Small Block LT1 développant 304 chevaux et d’une boîte manuelle ZF 6 rapports, ont permis de franchir la barre des 250 km/h, avec des reprises plus franches et un plaisir de conduite accru. La version cabriolet, apparue en 1986, a fait sensation dès ses débuts comme Safety Car aux 500 Miles d’Indianapolis.
La C4 sur la route et dans l’histoire
Notre exemplaire, en provenance de Suède, affiche une teinte sobre et un intérieur beige. Sur la route, le comportement de la C4 est sain et plaisant : les 300 chevaux permettent de s’amuser sans se battre avec la voiture.
Cette génération a également marqué un jalon dans l’histoire : Chevrolet a produit plus de 358 000 Corvette C4, et elle a permis d’atteindre le cap du million de Corvette produites depuis 1953. Peu engagée en compétition, elle a toutefois été préparée par Callaway pour les 24 Heures du Mans, avec une meilleure place de 9e.
La C4 a tiré sa révérence en 1997, laissant la place à la C5, plus orientée performance, mais restant aujourd’hui une Youngtimer appréciée, surtout dans sa version cabriolet.
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