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Incendie à Dolhain: une communauté juive d'Anvers stockait dans le tunnel ses écrits religieux

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 08 fevrier 2021 18:15  |   Limbourg


L’incendie de l’ancien tunnel de la gare de Limbourg a beaucoup fait parler de lui ce week-end. Notamment en raison de ce qu’il abritait : des tonnes de documents écrits en hébreu. Pourquoi et comment ces documents ont-ils été entreposés là ? C’est ce que nous avons voulu savoir.

Plus de 200 mètres cube de documents sont partis en fumée ce week-end dans le tunnel ferroviaire de l’ancienne gare de Dolhain. Stocker des écrits dans un tunnel, c’est assez inédit. Même pour Infrabel qui a vendu ce tunnel inutilisé voilà 10 ans à une communauté juive d’Anvers.

Parfois, Infrabel cède des parties de tunnel pour préserver la flore et la faune, comme des chauves-souris, rarement pour entreposer des documents. Mais pour la communauté juive, ce tunnel avait tout son intérêt, comme nous l’a expliqué Pinkas Kornfeld, Président de la Communauté Israélite Machsike Hadass.

Dans la tradition juive, on ne brûle pas les documents religieux

Dans la tradition juive, on ne détruit pas les documents religieux, livres de prières ou textes sacrés. On doit les traiter avec respect. Il est donc coutume de les enterrer. Ici, le stockage dans le tunnel a été privilégié pour des raisons pratiques. Il est en effet parfois difficile d’obtenir les autorisations auprès de la Région wallonne pour enfouir ces documents religieux.

La communauté juive anversoise venait deux à trois fois par an sur place pour apporter des documents supplémentaires avec un camion.

"Nous ne pensons pas que ce soit un acte antisémite"

Une enquête est en cours pour déterminer l’origine de cet incendie, qui serait un acte volontaire. Un expert a été dépêché sur place par le parquet. Peu de personnes connaissaient l’existence de ce stock de documents. Même la communauté juive de Liège, pourtant très proche géographiquement parlant, en ignorait tout.

Pour la Communauté Israélite Machsike Hadass, il ne s’agit sans doute pas d’un acte antisémite. Elle ne tient pas à dramatiser la situation et va chercher une solution pour traiter les restes calcinés de ses documents, peut-être l’enfouissement. (Au.M)