Thimister-Clermont rejoint la future Communauté d'Énergie Renouvelable du Pays de Herve. Ce projet pilote en Wallonie permettra de partager l'électricité des bâtiments publics. Approuvé par le conseil communal, il a toutefois soulevé plusieurs réserves.
Partager l'électricité produite par les bâtiments communaux plutôt que de la réinjecter sur le réseau. C'est le choix posé par le conseil communal de Thimister-Clermont, qui a approuvé son adhésion à la future Communauté d'Énergie Renouvelable (CER) du Pays de Herve. Porté par le Groupe d'Action Locale (GAL), ce projet pionnier en Wallonie vise à optimiser la consommation d'énergie locale. Si le principe a convaincu les élus, les modalités de mise en œuvre ont alimenté de nombreux échanges.
Une communauté d'énergie pour mieux valoriser le solaire
Le projet repose sur une idée simple : permettre aux bâtiments de la commune, du CPAS et de la Régie communale autonome, déjà équipés pour la plupart de panneaux photovoltaïques, de partager l'électricité qu'ils produisent. Aujourd'hui, une partie de cette énergie est réinjectée sur le réseau lorsqu'elle n'est pas consommée immédiatement. Demain, elle pourrait alimenter d'autres bâtiments publics de la commune, limitant ainsi les achats d'électricité et renforçant l'autonomie énergétique du territoire.
Pour Christian Baguette, échevin du Développement durable, Thimister-Clermont entend jouer un rôle moteur dans cette nouvelle structure. « Notre intention ici, c'est d'être un membre actif, donc pas seulement observateur, et de mettre en place un partage d'énergie entre nos différents publics, c'est-à-dire ceux de la commune, du CPAS et de la RCA. » Une différence importante avec d'autres projets énergétiques auxquels la commune participe déjà. Ici, elle ne souhaite pas être un simple partenaire, mais prendre part à la gouvernance de la future ASBL qui pilotera la communauté d'énergie.
Le GAL en chef d'orchestre du projet
Le projet est porté par le Groupe d'Action Locale (GAL) du Pays de Herve, qui assurera la création et l'accompagnement de la future ASBL. Durant les douze à dix-huit premiers mois, il prendra en charge les frais de fonctionnement et accompagnera les communes dans un domaine où les procédures restent particulièrement complexes. L'objectif est de faire du Pays de Herve un territoire pilote en Wallonie. Cette phase permettra de tester le modèle, de lever les obstacles administratifs et techniques et de transférer progressivement les compétences vers les communes participantes.
Une ouverture progressive avant d'associer les citoyens
Pourquoi les habitants ne pourront-ils pas rejoindre la communauté dès sa création ? La question a occupé une large partie des débats.
La majorité a expliqué vouloir procéder par étapes. En 2026, seuls les bâtiments publics participeront au partage d'électricité. Cette phase test doit permettre de vérifier la viabilité technique, juridique et financière du système avant une ouverture plus large. L'ambition reste toutefois d'associer, à terme, les citoyens, les entreprises et les exploitations agricoles du Pays de Herve afin de développer un véritable réseau local de production et de partage de l'électricité renouvelable.
Des réserves sur les statuts et l'après-2027
Si le projet a reçu un accueil favorable sur le fond, plusieurs élus de l'opposition ont demandé davantage de garanties sur sa mise en œuvre.
Au nom du groupe Créons au Quotidien, le conseiller Olivier Heuschen a relevé une incohérence dans les statuts soumis au vote. Selon lui, il est difficile d'afficher une volonté de sensibiliser la population à la transition énergétique tout en réservant, dans un premier temps, la communauté d'énergie aux seuls pouvoirs publics.
L'opposition a également regretté que les statuts ne soient pas encore totalement finalisés, certaines validations juridiques et réglementaires étant toujours attendues, notamment de la CWaPE. Le collège communal a toutefois défendu un vote rapide afin de permettre la création de l'ASBL dès cet été.
Autre enjeu soulevé lors des débats : l'après-2027. Jusqu'à cette échéance, le GAL assurera la gestion administrative de la structure. Le conseil communal devra ensuite décider s'il poursuit son engagement dans cette communauté d'énergie, qui pourrait être reprise par une coopérative, ou s'il choisit de développer une structure propre à Thimister-Clermont.
En approuvant son adhésion, la commune fait le pari d'une nouvelle manière de produire et de partager l'électricité. Un projet encore en construction, mais qui pourrait devenir un levier important de la transition énergétique à l'échelle du Pays de Herve.
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