Le conseil communal de Baelen a rejeté, hier soir, la proposition du groupe d’opposition ACBM visant à instaurer une prime communale de 300 euros pour encourager la réalisation d’audits énergétiques dans les logements.
Si le vote final, majorité contre opposition, est sans surprise sur le plan arithmétique, il est aussi révélateur d’un désaccord plus profond sur le rôle de la commune dans la transition énergétique.
Un dispositif simple, mais un contexte politique et financier tendu
La proposition portée par la conseillère Patricia Rentmeister partait d’un constat clair : la suppression des aides régionales a laissé un vide que les communes pourraient partiellement combler. « La prime énergétique a été supprimée en Wallonie en février 2025. Mais il nous parait essentiel que notre commune soutienne les citoyens dans leur transition énergétique afin de réduire leur consommation, améliorer le confort des habitations et contribuer aux objectifs climatiques », a-t-elle expliqué.
L’idée : une prime forfaitaire relativement modeste, mais symbolique, pour encourager un audit énergétique, souvent premier pas vers une rénovation plus lourde.
La majorité campe sur une lecture budgétaire stricte
La majorité a toutefois opposé une fin de non-recevoir, en insistant d’abord sur la méthode. L’échevin des bâtiments communaux, Fabrice Massenaux (Alternative), a souligné que le dossier n’avait pas été discuté en commission budgétaire, pointant l’absence du groupe ACBM lors de cette étape. Au-delà de la procédure, l’argument central reste financier et politique : dans un contexte de marges budgétaires limitées, la commune refuse d’ajouter de nouveaux dispositifs sans arbitrage global.
La bourgmestre Nathalie Thönnissen a(Trait d’Union) a confirmé cette ligne, indiquant que les priorités communales seraient dirigées vers d’autres postes de dépenses jugés plus urgents.
Une efficacité contestée et une fracture politique assumée
Si la majorité a invoqué la prudence budgétaire, certains élus ont aussi remis en cause l’impact réel de la mesure. Pour le conseiller Jean-Paul Arend (Trait d’Union), le problème est avant tout celui du rapport coût-bénéfice. « Une prime de 300 euros pour des travaux de rénovation dépassant souvent 100 000 euros, cela interroge », a-t-il estimé, mettant en doute la capacité du dispositif à influencer réellement les comportements.
Du côté d’ACBM, la lecture est inverse : la commune aurait justement dû jouer un rôle d’amorçage, même symbolique, dans un contexte où les incitants supérieurs disparaissent. « Notre proposition a malheureusement été refusée, la majorité sautant d’une excuse à l’autre pour justifier son refus. Nous leur avions pourtant laissé le loisir de décider du montant annuel maximal dédié à l’octroi de cette prime », a déclaré le chef de groupe Arnaud Scheen regrettant une fermeture politique.
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