Figure majeure de la vie politique française, Christiane Taubira était l’invitée d’honneur du Festival Libertad à Verviers. Elle a aussi participé à l’émission Génération Scan-R, réalisée par des jeunes dans les studios de Vedia.
Madame la ministre, comment avez-vous vécu cette expérience de télévision avec ces jeunes ?
Je suis venue avec un a priori plutôt favorable, parce que j’ai l’expérience que lorsqu’on laisse un espace de liberté à la jeune génération, elle s’en empare de manière très dynamique, souvent très brillante. Et une fois de plus, cela s’est vérifié. C’est une équipe très prometteuse, mais aussi scrupuleuse, rigoureuse et travailleuse. Les micro-trottoirs étaient bien préparés, et leur manière de décortiquer les réponses, de les explorer, m’a vraiment semblé très stimulante. J’ai trouvé cette expérience particulièrement enrichissante.
Quel message avez-vous voulu leur transmettre aujourd’hui ?
D’abord un message de confiance en eux-mêmes, en tant que génération. Je pense que c’est une génération qui va modeler le monde de demain. Mais elle n’est pas encore aux responsabilités — et c’est normal. Ce n’est ni du déni ni de la démagogie : elle n’a pas encore l’expérience, la maturité, ni le bagage nécessaire pour porter seule la transformation du monde.
En revanche, ce que je souhaite, c’est qu’elle prenne conscience que le monde de demain lui ressemblera, puisque c’est celui dans lequel elle vivra. Elle doit donc s’y impliquer : comprendre, se mobiliser, agir ensemble, et surtout accumuler de l’expérience collective, à travers des actions menées entre pairs. C’est ainsi qu’elle se préparera à prendre le relais.
Si je veux faire passer un message durable, c’est celui-là : le monde qui vient doit lui ressembler, et il lui appartiendra. Il faut donc s’y préparer. Nous sommes dans un monde très tendu, parfois violent, traversé par la montée des extrêmes et par un certain déni des connaissances scientifiques et de la lucidité. Il y a aussi un manque de vision à long terme, et parfois un manque de transmission. On voit même une forme d’égoïsme des générations en place, qui veulent continuer à façonner le monde sans toujours en comprendre les transformations, ni la diversité.
Or, la jeunesse, elle, comprend ces enjeux : le lien, la diversité, et surtout l’égalité comme valeur fondamentale qu’il faut construire par des politiques publiques. Nous sommes donc dans un moment de tension. Mais je suis une optimiste combative. Je crois à l’espoir, mais je sais qu’il ne se construit pas tout seul. Il faut agir, s’engager, et mettre les mains dans le concret.
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