Alors que la polémique autour de l’héritage colonial de notre société fait rage à travers le monde, quid de la galerie Léopold II qui orne le parc des 7 heures à Spa ? Début juin, le Collège communal annonçait réfléchir à un éventuel changement de patronyme pour cette construction de 1878. Finalement, il n’en sera rien. Le Collège spadois a annoncé hier que la galerie ne serait pas débaptisée. Une décision justifiée par la volonté de « ne pas s’instituer arbitre de deux camps » et sur laquelle le Collège n’a pas souhaité faire de commentaires. Au sein de la population spadoise, les avis recueillis sont plutôt favorables à la décision communale. Certains tiennent au patrimoine de la ville et notamment à cette galerie, construite par le deuxième roi des belges pour relancer la station thermale.
« Une colonisation offensive »
Pour Philippe Raxhon, historien et professeur à l’Université de Liège, même si une remise en contexte est nécessaire, la politique coloniale du « Roi bâtisseur » était assez particulière pour l’époque : « C’est quelqu’un qui est chef d’état du Congo et il cumule tous les pouvoirs. C’est une anomalie complète à la fin du 19e siècle, alors qu’il est souverain d’un état libéral où les pouvoirs sont séparés. Deuxièmement, c’est une colonisation offensive. C’est-à-dire qu’il veut à tout prix rentabiliser économiquement le Congo et donc cela implique de créer de lourdes infrastructures et de mobiliser de la main d’oeuvre locale de force s’il le faut. Bref, il y a une colonisation offensive avec des objectifs économiques à remplir. » SelonPhilippe Raxhon, l’histoire et la critique historique ne sont pas assez enseignées, le passé étant souvent omis au profit du moment présent.
(FB)
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