Ce qui devait être un petit chantier de routine — installer une clôture le long du RAVeL, au niveau de la carrière du Thier del Preu — s’est transformé en véritable casse-tête pour la commune de Lierneux.
Estimé à 13.000 € fin 2024 et attribué début 2025 pour 10.000 €, le projet a rapidement dépassé toutes les prévisions. L’adoption d’une nouvelle technique et une mesure réelle de 420 mètres ont fait grimper la facture à 20.000 €. À cela se sont ajoutés 76 pieux et autant de forages non prévus, portant le coût final à près de 25.000 €, soit presque le double de l’estimation initiale.
Mais les dépassements financiers ne sont pas le seul problème. Le dossier comporte plusieurs zones d’ombre : absence de mesures précises, modifications du marché sans relance, partage des coûts avec la carrière devenu flou, et dépenses supplémentaires engagées sans commande formelle. Les règles budgétaires n’ont pas été respectées non plus, avec une mauvaise imputation et un étalement des dépenses sur deux exercices, en contradiction avec la comptabilité communale.
Le directeur financier avait tiré la sonnette d’alarme dès décembre 2025, avertissant que le dossier ne présentait « aucune garantie de respect des règles budgétaires et de marché public ».
Le conseil communal assume malgré tout
Hier soir, le conseil communal a voté la prise en charge des dépenses, sous la responsabilité du collège, conformément à l’article 60 du Règlement général de la comptabilité communale (RGCC). Au sein de l’opposition « Unis avec Vous », le conseiller Philippe Mathieu a voté contre : « Nous ne pouvons pas cautionner une dépense qui double sans explication claire et malgré l’avertissement du directeur financier. C’est une question de principe et de responsabilité publique. » Ses collègues se sont abstenus, soulignant qu’ils ne contestaient pas la clôture, initialement proposée par l’ancien bourgmestre Fabrice Léonard, aujourd’hui retiré de la vie politique, et qui représente un véritable gage de sécurité pour les usagers du RAVeL.
Le bourgmestre André Samray a reconnu que la gestion du dossier avait été rapide : « Nous avons peut-être agi trop vite et cela a entraîné des conséquences financières et administratives importantes. » Un chantier initialement prévu pour 10.000 € illustre les défis auxquels peuvent être confrontés les projets communaux lorsqu’ils doivent s’adapter à des imprévus techniques et financiers, tout en respectant les procédures administratives.
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