BMW 635 CSi : le “nez de requin” qui a marqué l’âge d’or des coupés sportifs

par
|

Sans doute l’une des plus belles BMW jamais produites, la 635 CSi dominait la gamme dans les années 80. Ligne racée, mécanique explosive et succès en compétition. Un exemplaire en état remarquable prouve que le modèle n’a pas pris une ride.

Si la marque BMW est synonyme de sportivité, elle doit cette image à une succession de modèles passés entre les mains de son département compétition, naguère appelé BMW Motorsport. But de la manœuvre : développer des voitures d’exception basées sur des modèles homologués pour la route. Si la spectaculaire M1 était avant tout destinée à la compétition, c’est la Série 6, codée E24, qui allait servir de base au développement d’une auto performante, qui reste aujourd’hui encore un exemple de ligne racée, de sportivité, mais aussi de bourgeoisie…

De la CS à la 635 CSi : la naissance d’une icône

Au moment d’entrevoir la réalisation de sa E24, BMW avait dans l’idée de proposer un coupé prenant la succession des E9, mieux connues sous l’appellation CS ou CSL, qui avaient marqué le début de la décennie ’70. Due au coup de crayon de Paul Bracq et Manfred Rennen, la Série 6 était d’abord présentée avec des mécaniques 3,0 et 3,3 litres qui n’avaient rien de foudres de guerre. Il fallait attendre 1978 pour voir débarquer la 635 CSi dans sa première génération. La deuxième, que vous avez sous les yeux, apparaitra en 1984.

Le “nez de requin”, symbole d’une génération

Assez paradoxalement, c’est cette version qui allait faire l’objet d’un développement pour la compétition. Dans la foulée de la 635 CSi, BMW Motorsport a en effet proposé une M635 CSi, arrivée tardivement et reposant sur une plateforme qui commençait à dater quelque peu. Produite à un nombre d’exemplaires restreints, n’excédant pas 3500, la M635 n’allait pas pouvoir être homologuée en Groupe A, de sorte qu’aux yeux du grand public et des puristes, la 635 CSi dans cette version reste une des sportives par excellence des années ’80 !

Cette Série 6, c’est avant tout un look ! Et une face avant entrée dans l’histoire, dite ‘en nez de requin’ ! De quoi conférer au modèle une superbe agressivité cadrant parfaitement avec les origines sportives du modèle et ses performances en compétition. Ajoutez-y un becquet arrière bien dans l’air du temps, et surtout ces jantes BBS à rayons croisés, et vous obtenez un modèle tout simplement entré dans l’histoire !

Un coupé bourgeois, technologique et performant

Dans l’habitacle, BMW a voulu le meilleur pour sa Série 6, qui annonçait d’ailleurs l’arrivée d’une Série 7 davantage tournée vers le luxe. Le conducteur bénéficiait alors du top de la modernité côté électronique, un compteur gradué au-delà de 260 km/h, un volant à trois branches tout simplement superbe et des sièges sport du plus bel effet. Au cœur des années ’80, l’apparition du plastique se généralisait, et la Série 6 E24 n’y échappait pas, quand bien même ceux-ci ont eu tendance à plutôt bien vieillir.

C’est la rigueur dans la fabrication, à une époque où la concurrence, notamment italienne, se faisait tirer l’oreille à ce niveau, qui constituait un point fort indéniable du constructeur bavarois.

Avec une puissance de 218 chevaux, le moteur 6 cylindres 3,5 litres de la 635 CSi est à la fois performant et envoûtant. Ses reprises continuent d’impressionner, le tout doublé d’une sonorité rauque tout simplement exceptionnelle, qui contribue à l’image du modèle.

Une Grand Tourisme devenue légende

Sur la route, la Série 6 E24 n’a nullement à rougir par rapport aux productions actuelles, qui peuvent parfois sembler bien fades si l’on compare au ‘nez de requin’ de notre voiture d’essai. L’embonpoint de ce coupé n’en fait certes pas un champion des petites routes de campagne, mais dès que ses qualités de grande routière peuvent s’exprimer, c’est roulez jeunesse ! Signalons qu’avec la 635 CSi, l’ABS avait été généralisé, ce qui constituait une nouvelle avancée technologique très appréciée.

Avec sa boîte de vitesses à cinq rapports, cette bavaroise avait clairement tout pour plaire à un public à la fois en quête de luxe et de performances. Et pour une Grand Tourisme de plus ou moins 1500 kilos, sa consommation pouvait être qualifiée de raisonnable, oscillant entre 10 et 12 litres aux 100 kilomètres.

Comme il était de tradition à l’époque, la 635 CSi est passée entre les mains des grands préparateurs allemands agréés par la maison mère : Schnitzer, Hartge ou Alpina. Inspirés par la compétition, ils proposaient des kits de conversion rendant le coupé encore plus agressif et performant. Ces versions modifiées ont toutefois perdu de leur superbe au fil du temps, au point que les exemplaires les plus authentiques sont aujourd’hui les plus recherchés.

Au total, 86.000 exemplaires de la Série 6 E24 ont été produits entre 1976 et 1989. Avec l’explosion actuelle du marché des Youngtimers, la 635 CSi attire à nouveau toutes les attentions, et sa cote ne cesse de grimper. BMW ayant pour habitude de produire des mécaniques fiables, toutes les 635 n’ont pas survécu dans un tel état de conservation, ce qui en fait des pièces d’autant plus désirables.

L’héritage d’une lignée avant-gardiste

La Série 6 sera remplacée dès 1989 par la Série 8, codée E31, pensée comme un coupé encore plus luxueux et futuriste. Arrivée en pleine récession économique, elle ne rencontrera pas le succès escompté, avec une production limitée à environ 30.000 exemplaires. C’est donc la E24, et plus particulièrement la 635 CSi, qui s’impose aujourd’hui comme la véritable héritière des grands coupés BMW des années ’70 et ’80.


Sur le même sujet

Recommandations

Image
Karbikes : une première belge exclusive à bord d’un véhicule unique

Karbikes : une première belge exclusive à bord d’un véhicule unique

Ce mois-ci, le MOBILITY STUDIO change de visage et devient exceptionnellement KARBIKES, le temps d’une émission entièrement consacrée à une approche différente et innovante de la mobilité.
Image
Alfa Romeo et Justine Henin : du court à la route, une même exigence

Alfa Romeo et Justine Henin : du court à la route, une même exigence

Dans l’automobile, les grands sportifs incarnent désormais l’image des marques. Dans cette logique, Alfa Romeo Belux s’associe à la Justine Henin Tennis Academy autour des valeurs de performance, prestige et excellence.
Image
Skoda Elroq RS : le faux sportif qui va vite

Skoda Elroq RS : le faux sportif qui va vite

Skoda a musclé son Elroq avec une version RS pleine de promesses. 340 chevaux, transmission intégrale et 0 à 100 en 5,5 secondes. Mais sur la route, le sport reste… mesuré.
Image
A bord du robotaxi Zoox d'Amazon dans les rues de Las Vegas

A bord du robotaxi Zoox d'Amazon dans les rues de Las Vegas

Pas de conducteur ! Pas de volant ni poste de conduite ! A Las Vegas, le MobilityStudio se transforme en ZOOX ce mois-ci !
Image
Lancia Fulvia Zagato : l’italienne radicale

Lancia Fulvia Zagato : l’italienne radicale

De la Fulvia Coupé victorieuse en rallye à une version Zagato hors normes. Retour sur une italienne aussi brillante que singulière à Verviers.
Image
Jean-Michel Martin : "Les coûts de distribution sont très élevés pour un constructeur ! "

Jean-Michel Martin : "Les coûts de distribution sont très élevés pour un constructeur ! "

Un reportage Mobil'idées.
Image
À Amblève, la Ferrari 250 GTO renaît pour reprendre la route

À Amblève, la Ferrari 250 GTO renaît pour reprendre la route

À Amblève, une entreprise s’est lancé un défi fou : faire renaître la mythique Ferrari 250 GTO. Une réplique fidèle, pensée pour reprendre la route et faire revivre l’esprit des gentlemen drivers des années 60. Une légende qui respire à nouveau.
Image
Mobil'idées chez DriveCity à Nivelles

Mobil'idées chez DriveCity à Nivelles

Ce mois-ci, Mobil’idées n°158 vous emmène chez DriveCity à Nivelles, un espace unique de 7 000 m² dédié aux voitures de collection qui réunit vente, restauration, stockage et communauté de passionnés.
Image
La Mercedes CLA 250+ électrique, nouvelle référence des longs trajets

La Mercedes CLA 250+ électrique, nouvelle référence des longs trajets

Nous avons testé la Mercedes-Benz CLA 250+, berline électrique élue Voiture de l’Année 2026. Deuxième sacre en 50 ans pour Mercedes, qui prouve que l’électrique peut être désirable. Verdict après une semaine sur nos routes !
Image
Triumph TR3 : le roadster vintage qui séduit toujours

Triumph TR3 : le roadster vintage qui séduit toujours

La Triumph TR3, roadster iconique des années 50-60, rappelle le style des Jaguar d’époque. Une vraie ancienne qui se démarque dans un monde où les Youngtimers sont légion.
Image
"J'assume avoir mis la priorité sur le train... "

"J'assume avoir mis la priorité sur le train... "

Dans la série « Que sont-ils devenus » consacrée aux anciens ministres de la Mobilité, et après avoir reçu Isabelle Durant, c’est cette fois Georges Gilkinet que Damien Deroanne accueille ce mois-dans le Mobility Studio.
Image
Corvette C4 : l’outsider devenu légende

Corvette C4 : l’outsider devenu légende

Lancée en 1983, la Corvette C4 divisa les puristes : trop moderne et pas encore une vraie sportive. Pourtant, elle réinventa la Corvette, marqua l’histoire et permit de célébrer la millionième depuis la C1, laissant une empreinte durable.
Image
Audi S6 Avant e-tron : le break électrique qui veut tout concilier

Audi S6 Avant e-tron : le break électrique qui veut tout concilier

Puissante et familiale, l’Audi S6 Avant e-tron séduit, mais quelques compromis rappellent que l’électrique n’a pas tout résolu. Un break spectaculaire… qui combine puissance et fonctionnalité.
Image
De Namur à Rétromobile : la fabuleuse destinée de la Talbot-Lago « Goutte d’eau

De Namur à Rétromobile : la fabuleuse destinée de la Talbot-Lago « Goutte d’eau

Livrée en 1938 au directeur du Casino de Namur, la Talbot-Lago « Goutte d’Eau » a trouvé un nouveau propriétaire à Rétromobile. Chef-d’œuvre de Figoni & Falaschi, cette icône Art déco continue de faire rêver les collectionneurs.
Image
Mobil'idées #156 au Salon de l'Automobile de Bruxelles

Mobil'idées #156 au Salon de l'Automobile de Bruxelles

Mobil’idées propose une émission exceptionnelle en ce mois de janvier, à l’occasion du 102ᵉ Salon de l’Automobile de Bruxelles, véritable coup d’envoi de l’année automobile en Europe.