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Verviers: un logement public réquisitionné par une association

 08 fevrier 2022 16:26  |   Verviers


La situation est très tendue entre les personnes précarisées et les services publics. Hier, une association a décidé de forcer la porte d’un logement public inoccupé pour y installer 2 personnes. Le logement appartient à Logivesdre. La société de logements de service public est irritée par la situation.

Kelly est mère de 2 enfants. Elle bénéficie du revenu d’intégration, mais dans la région peu de propriétaires acceptent ce type de locataire. Elle a donc introduit une demande à Logivesdre. "Je suis inscrite depuis l’année passée, avant les inondations. Je n’ai jamais reçu d’appel ou de proposition. On me dit que ce sont les personnes sinistrées qui passent en premières, mais je constate qu’elles non plus ne sont pas relogées", explique-t-elle.

"Les petits robins des toits"

La jeune femme fait ensuite la rencontre de François Dvorak. Celui-ci a créé "Les petits robin des toits" avec Anne Durieux. Une association créée juste après les inondations pour reloger les personnes précarisées ou sinistrées. Ils décident de réquisitionner un logement social inoccupé pour Kelly et une autre dame dont le logement a été sinistré. "On a reçu tellement d’appels à l’aide et vu tellement de détresse que ce n’était même plus un choix d’ouvrir cette maison, c’était une nécessité. Ça ne pouvait plus continuer pour ces 2 personnes, c’est aussi simple que ça", indique François Dvorak.

La dame avec qui Kelly a élu domicile hier est locatrice d’un logement Logivesdre. Pour des raisons de santé, elle a demandé à ce qu’on la change de logement, mais elle n’a pas reçu de proposition.

"C’est un logement qui ne leur était pas destiné. C’est illégal"

Faire réagir les autorités face à cette détresse, c’est aussi le but de l’association en installant de force ces personnes. Logivesdre affirme que celui-ci aurait été prêt à accueillir des personnes décemment au mois de mars. Des belles paroles selon l’association. "Je me suis rendu sur place pour avoir une discussion avec eux. J’ai essayé de leur faire comprendre que ce type de pratique était illégal et anormal. C’est un logement qui ne leur était pas destiné. Il nécessite de toute façon des réparations avant de pouvoir accueillir de nouvelles personnes. On espère qu’on va pouvoir aider ces deux personnes, mais il faut bien constater qu’il y a des files d’attente et que nous faisons tout pour que ça aille le plus vite possible avec nos moyens", indique Gilbert Schauss, le directeur de Logivesdre.

Évidemment, les listes d’attente sont longues, la société de logements publics ne le cache pas. 130 logements Logivesdre ont été reloués à des sinistrés. 135 sont encore inscrits pour être relogés. Derrière ça, les personnes en précarité non-sinistrées comme Kelly sont les plus lésées. 30 ont été relogées depuis les inondations par Logivesdre, car les autorités demandent que la priorité soit donnée aux sinistrés.

"Ce que nous vivons est la conséquence de démarches administratives trop longues"

"Ils ont reçu environ 7 millions d’euros pour rénover et reconstruire leurs immeubles. Je pense que ce que nous vivons est la conséquence de démarches administratives trop longues. Les gens se demandent pourquoi tel ou tel immeuble est inoccupé, alors que des personnes attendent pour être relogées. Ceci étant, il faut pouvoir suivre les règles. Si un immeuble est inoccupé, c’est qu’il doit faire l’objet de rénovation. Il faut continuer à agir dans la légalité pour que la situation ne dérape pas, car des personnes sont sur la liste d’attente. J’ai demandé à Logivesdre d’accélérer les procédures pour que la situation soit réglée au plus vite", souligne Christophe Collignon, le ministre wallon du Logement.

Chaque mois, les travaux prennent fin dans une trentaine de logements de Logivesdre. Le temps créé des incompréhensions et des frustrations. À l’époque, François Dvorak avait interpellé le roi et la reine pour discuter de la situation. Il espère qu’une discussion va pouvoir avoir lieu au plus vite pour aider les dizaines de personnes qui l’appellent à l’aide. (P.J.)








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