Outre l'aspect sportif et inclusif, les Special Olympics étaient aussi un moment opportun pour évaluer la santé des athlètes au travers de 9 examens médicaux.
Chaque année, un programme spécifique est organisé sur un site de la région où se déroulent les Jeux. Cette année, c'est l'IND de Malmedy qui a prêté ses locaux pour permettre à l'équipe médicale des Special Olympics de réaliser ces examens médicaux. Les muscles, l'ouïe, la nutrition, les dents ou encore la vue, tout est passé au peigne fin. Le but, trouver d'éventuels problèmes de santé et améliorer le système des soins de santé en Belgique.
"On prône toujours le fait que la Belgique a un système de soins de santé à un très haut niveau, ce qui est vrai. Mais ce système est adapté pour les personnes qui ont une plainte et qui vont vers les services compétents", commence Ignace Fransman, directeur médical du programme "Opening Eyes" des Special Olympics. "Or, les personnes ayant un handicap mental ne savent pas souvent ce qu'est la norme au niveau des douleurs. Ils ne se plaignent pas et ont une tolérance à la douleur beaucoup plus élevée que la plupart des gens. Donc il y a plusieurs soucis de santé qui restent sous les radars".
Des conseils et des recommandations
Avec plus de 3.500 athlètes participants encore cette année aux Special Olympics, l'occasion était donc idéale pour identifier certaines pathologies. "On détecte vraiment des choses qu'on ne peut pas s'imaginer. Par exemple, certains athlètes viennent participer avec une vision évaluée à moins de 4/10. Et il suffit de réaliser une mesure et de leur donner une paire de lunettes adaptée pour qu'ils obtiennent 10/10 au test. Mais l'athlète ne s'est jamais plaint", exemplifie le directeur médical du programme "Opening Eyes".
Certains athlètes viennent participer avec une vision évaluée à moins de 4/10
Ces tests ne sont pas un passage obligé pour les athlètes qui décident eux-mêmes de venir ou non et de se faire tester pour l'un ou l'autre critère. Mais cela permet à ces athlètes et à leurs proches de recevoir des conseils et des recommandations médicales. Tout cela gratuitement et sans prise de rendez-vous. "On a la chance de pouvoir faire un paquet de tests médicaux ici, alors qu'on n'en a pas forcément l'occasion en temps normal à cause de la longueur d'attente pour un rendez-vous", expose Christel Bosak, maman d'un athlète. "C'est donc assez chouette de pouvoir y participer, d'autant que les athlètes reçoivent aussi des petits cadeaux et ils se familiarisent avec le monde médical, donc c'est très bien".
On n'a pas forcément l'occasion de faire ces tests en temps normal à cause de la longueur d'attente pour un rendez-vous
De plus, ce programme Healthy Athletes des Special Olympics a une réelle influence sur le système des soins de santé en Belgique, car l'accès à certains soins pour ces personnes ayant un handicap mental a déjà été facilité, comme l'explique Ignace Fransman. "Un bon exemple concerne les soins dentaires. Les dentistes ont obtenu à l'INAMI deux remboursements par an et plus élevés, car la prise en charge d'une personne avec un handicap mental prend plus de temps. Donc l'accès au dentiste est facilité".
165.000 personnes ont un handicap mental en Belgique
En Belgique, environ 165.000 personnes souffrent d'un handicap mental. Avec ses 9 examens proposés, le programme Healthy Athletes des Special Olympics Belgium est celui qui teste le plus grand nombre de matières différentes. Cette année encore, 3.000 tests ont été effectués auprès de 1.000 athlètes différents.
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