Ambiance électrique hier soir au conseil communal de Stavelot. Si le budget 2026 du CPAS a finalement été approuvé à l’unanimité, le débat qui l’a entouré a révélé de profondes fractures politiques.
En l’absence du bourgmestre Fabien Legros, la séance était présidée par l’échevin Raymond Kockelmann… et elle n’a rien eu d’un long fleuve tranquille. D’emblée, la présidente du CPAS, Véronique Mathonet, a planté le décor en qualifiant le budget de « tendu, voire même tracassant ». En cause : des réformes et des charges décidées à d’autres niveaux de pouvoir. Comme ailleurs, le CPAS de Stavelot affronte une véritable tempête financière. L’intervention communale grimpe ainsi de 12 %, pour atteindre un montant record de 2 308 000 €.
Le principal point noir reste la réforme du chômage. Le CPAS devra assumer un coût de 650 000 € pour faire face aux exclusions, malgré une aide gouvernementale partielle de 541 000 €. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 139 bénéficiaires du revenu d’intégration en 2025, auxquels devraient s’ajouter 40 personnes supplémentaires. À cela s’ajoute une hausse spectaculaire des cotisations de responsabilisation liées aux pensions, en augmentation de 100 000 €.
Des décisions sensibles pour tenir l’équilibre
Pour tenter de maintenir la tête hors de l’eau, le CPAS a dû prendre des décisions impopulaires. Le prix des repas à domicile augmente de plus de 20 %, avec une tarification désormais modulée selon les revenus, pouvant atteindre 12 € par repas pour les tranches les plus élevées. Une mesure défendue par la présidente, qui rappelle que « les prix restent dans la moyenne régionale » et que l’inflation alimentaire ne laisse « aucune marge de manœuvre ».
Côté investissements, le budget extraordinaire reste volontairement limité. Deux projets ciblés pour la maison de repos figurent au programme : l’installation d’un mini-golf pour 15 000 €, avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin, et l’achat de nouveau mobilier.
« Degré zéro de l’ambition »
Du côté de l’opposition CitoyenS, le ton est monté d’un cran. Le conseiller communal Pierre Erler a dénoncé un CPAS transformé en « bancontact de la commune », appelé à combler les dépassements budgétaires. Il a vivement critiqué la note de politique générale de la présidente, qu’il qualifie de « degré zéro de l’ambition », regrettant l’absence de solutions nouvelles face à la crise. Il a également pointé du doigt une explosion des frais de réception, qu’il estime multipliés par au moins dix.
Ces propos ont provoqué une réaction immédiate en séance et au lendemain de celle-ci. Le groupe de la liste du Bourgmestre a publié un communiqué au ton particulièrement ferme, dénonçant la comparaison opérée entre le CPAS de Stavelot et le SAMU Social de Bruxelles, institution mise en cause pour des malversations financières.
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces accusations infondées, qui relèvent du populisme et de l’insulte envers l’ensemble du personnel du CPAS », peut-on lire dans le communiqué. Le groupe regrette également « l’attaque personnelle » dont a été victime la présidente du CPAS, Véronique Mathonet, et appelle le groupe CitoyenS à condamner publiquement ces propos et à se désolidariser de telles méthodes. Dans la foulée, le groupe Citoyens a voulu rappeler également dans un communiqué post conseil que ses questions sur le budget du CPAS étaient légitimes et portaient sur l’impact des choix budgétaires sur les publics vulnérables. Le groupe dit regretter certaines comparaisons inappropriées et réaffirme son soutien au CPAS tout en plaidant pour une politique sociale ambitieuse et anticipative. Le budget a été adopté, certes. Mais dans un climat politique désormais sous haute tension.
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