Un homme de 38 ans était poursuivi devant le tribunal correctionnel pour viols répétés sur une gamine de 16 ans placée chez lui. Il encourrait 6 ans de prison, mais écope finalement de 4 ans avec sursis.
Il y a des enfants qui n’ont pas de chances dans la vie. Ainsi les trois enfants d’un couple condamné à de lourdes peines de prison pour maltraitance envers eux, qui ont été placés chez... le frère du condamné. Un mauvais choix, en tout cas pour Alice (prénom d’emprunt), 16 ans qui s’est plainte d’avoir été victime de rapports sexuels non consentis de la part d’Emile (idem), le frère accueillant.
Une liaison sincèrement amoureuse
Emile s’était présenté devant le tribunal correctionnel, prévenu de viols qui ont duré pendant six mois, avant qu’Alice n’aille vivre chez son grand père, non sans avoir fait des confidences au Services de l'administration de l'aide à la jeunesse (SAJ).
Emile ne niait pas avoir eu une relation avec elle, mais affirmait que tous les actes étaient consentis réciproquement. « Je voulais le meilleur pour ces enfants maltraités par mon frère, et j’ai bien senti qu’elle était en recherche d’affection. Raison pour laquelle je me suis montré très paternel avec elle, au point de susciter des tensions avec ma compagne. Petit à petit, on s’est rapprochés, et les rapports sexuels sont venus naturellement. »
Mais pourquoi dès lors prétend-elle que la plupart des rapports n’étaient pas consentis, qu’elle opposait un refus dont il n’avait cure ? « Nous étions en pleine période covid, et donc je lui ai interdit de voir son petit copain. Moi, j’étais réellement amoureux d’elle».
Une extrême vulnérabilité
Une version que contestait Me Haumont, partie civile représentant Alice. « Elle est arrivée chez lui dans un état d’extrême vulnérabilité. Il la surveillait étroitement, contrôlant tout, même son téléphone. Au point qu’il lui était impossible de dire non, lorsqu’il est devenu entreprenant car il exerçait une forme de chantage. Elle l’a fait à plusieurs reprises, mais il est passé outre. Elle a ainsi vécu une première expérience traumatisante avec un homme qui était censé la protéger. »
Mme Elodie Herman, ministère public, était du même avis. « Dans un contexte traumatisant il a tiré profit de son besoin d’affection, exerçant sur elle une réelle emprise, allant même jusqu’aux menaces et au chantage, le tout teinté d’une jalousie féroce le poussant à la contrôler excessivement. Elle dit qu’il est passé outre à ses refus. » Pour elle, il a bien eu viols répétés, et pour cette raison, elle réclamait 6 ans de prison ferme.
Pas un prédateur sexuel
Mais pour son avocat Mer Uerlings, Emile est loin d’être un prédateur sexuel. C’est elle qui cherchait le contact et se collait à lui. Il a fini par céder, mais jamais elle n’a émis un refus, selon lui. Jamais elle n’a montré le moindre dégout, ils vivaient une véritable liaison amoureuse. Aucun élément ne vient accréditer une notion de forçage. D’ailleurs, elle ne voulait pas porter plainte, c’est le SAJ et une nièce qui l’ont poussée à le faire. Il réclamait donc l’acquittement de son client.
Ce qu’il n’a pas obtenu, le tribunal estimant les viols bel et bien établis. Pour cela, il condamne Emile à 4 ans de prison, mais avec sursis probatoire. En outre, il devra payer 1.000 euros provisionnels à sa victime reconnue comme telle, et plus de 2.100 euros en frais de justice.
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