Il avait agressé une conductrice de bus !

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Il avait agressé une conductrice de bus !

C’est un fait récent que le tribunal correctionnel a examiné, une rapidité qui s’explique par la nécessité de réagir au phénomène répétitif d’agressions sur les chauffeurs de bus. Celle-ci a eu lieu le 7 avril dernier, rue de Mangombroux à Verviers.

Ce jour-là, un bus se trouve coincé dans cette rue étroite à cause d’une voiture mal garée. Très vite un attroupement se forme, et ça discute ferme, certains estimant que le bus pouvait passer, la conductrice considérant le contraire. C’est alors qu’un énergumène, visiblement éméché, s’approche de la vitre extérieure ouverte et a un geste agressif vers la conductrice. La scène a été filmée par un témoin, mais les images ne permettent pas de montrer s’il l’a atteinte ou pas. Toujours est-il que la conductrice se retrouve avec une blessure à l’arcade sourcilière, ce qui nécessite son hospitalisation, et qu’elle se trouve toujours, deux mois après, sous certificat médical.

Des dégâts psychologiques importants

C’est pourquoi, Marius (prénom d’emprunt) se trouve poursuivi devant le tribunal correctionnel, où il comparaît libre. S’il admet avoir été bourré après avoir bu 6 ou 7 cannettes de Gordon au point de n’avoir aucun souvenir de la scène, il rejette l’idée d’avoir donné un coup à la conductrice. « J’ai fait une crise de boisson. On m’a dit que j’avais frappé la vitre fermée, mais donné un coup, certes non ! »

Mais pour la partie civile, les faits sont clairs, décrivant une scène d’une rare violence, où on a dû ceinturer l’individu pour qu’il arrête de gesticuler et de s’en prendre à la conductrice. Elle insiste sur les dégâts psychologiques causés à celle-ci, victime pour la deuxième fois d’une agression. Cette dernière, présente au procès, prend la parole : « Maintenant, j’aurais peur au volant, et je stresse à l’idée de devoir un jour reprendre le travail. J’envisage même de changer de boulot. »

Des faits qui méritent une réaction rapide

Pour Mme Albert, ministère public, ce sont des faits intolérables, auxquels il faut réagir très vite. « Voici un individu qui n’a rien à voir dans l’histoire mais qui s’en mêle, étant dans un état second en pleine journée alors qu’il est au CPAS ». Pour elle, il a bel et bien frappé la conductrice par sa vitre ouverte, puisqu’elle discutait avec des gens qui l’incitaient à quand même passer. Soulignant que le prévenu a déjà été condamné pour des faits de violence, et qu’une instruction est en cours pour violences familiales, elle réclame une peine d’un an de prison. La défense, assurée par Me Renard, plaide le doute quant à la réalité d’un coup porté que les images ne permettent pas de prouver, tout en admettant l’attitude agressive de son client.

Incapacité de plus de 4 mois ?

Toutefois, un problème se pose : si l’incapacité de travail de la conductrice encore en cours devait se prolonger au-delà de 4 mois, on tomberait sur l’article 400 du code pénal qui prévoit une peine minimale de 2 ans de prison. Dès lors, plutôt que d’ordonner une expertise médicale qui ne ferait que faire traîner les choses, le juge préfère mettre le procès en débat continué en septembre, pour voir dans quel état sera la victime, avant de délibérer en connaissance de cause.

 


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