Coup dur pour les crèches et ASBL à Verviers : la Ville réduit ses subsides de 15 % en 2026 et 25 % en 2027. A la crèche « Les enfants de la Tourelle », la tension budgétaire se fait déjà sentir.
Depuis juin dernier, les travaux d’aménagement de la nouvelle extension se poursuivent à la crèche « Les enfants de la Tourelle». Quatorze lits supplémentaires verront bientôt le jour. Pour les parents en quête d’une place, c’est une véritable bouffée d’oxygène. Mais en coulisses, la directrice doit refaire ses comptes : la Ville de Verviers vient d'annoncer une réduction de 15% des subsides alloués aux structures d'accueil. Un nouveau coup dur pour un secteur déjà sous pression. «On doit absorber plusieurs chocs financiers, révèle Nathalie Soxhlet, Directrice de la crèche. Le premier, c'est le financement de l'indexation des postes subsidiés par l'ONE qui n'aura pas lieu dans le courant de cette année-ci. Le deuxième choc financier, c'est notre enveloppe APE qui d'ici 2027 sera ristournée à l'ONE sans qu'on sache pour l'instant si l’entièreté de nos postes subsidiés le seront encore par l'ONE et le troisième choc, c'est celui-ci évidemment qui est une demi-surprise puisqu'on sait que la Ville de Verviers est en difficulté financière et on se doutait qu'à terme, il y aurait une diminution des subsides mais on ne s'attendait pas nécessairement que ce soit cette année-ci. »
En 2026, la crèche touchera 1 020 € par enfant contre 1 200 € aujourd'hui, et seulement 900 € en 2027. Une baisse significative que regrette l'échevine de la Petite enfance. Mais la ville n'a pas le choix, elle doit se plier aux contraintes du Plan Oxygène. « Normalement, la convention signée au départ, c'était une diminution de 15% sur l'enveloppe 2025 mais durant l'année 2026, il y a la création de 105 lits supplémentaires à Verviers. 14 lits ici à la Tourelle et 91 lits pour la crèche Pas à Pas, explique Cécile Ozer, Echevine de la Petite enfance à Verviers. Si on partait de l'enveloppe 2025, c'était bien plus que 15% de diminution donc on a réussi à obtenir qu'on parte de l'enveloppe prévue en 2026 pour que ce soit réellement une diminution de 15% et pas bien plus donc c'est une petite satisfaction dans cette décision difficile à prendre. »
Une décision paradoxale aussi à l'heure où les places manquent et où les politiques visent le plein emploi. Pour protéger les siens, la crèche recherche activement des solutions. «On fait appel à de nouveaux partenariats donc la porte est ouverte effectivement à ça et on fait appel aussi aux différents services clubs de l'arrondissement pour pouvoir obtenir des aides pour acheter du matériel nécessaire à l'ouverture des 14 places supplémentaires. Matériels qui n'est pas subsidiés par les finances publiques», souligne Nathalie Soxhlet.
L'échevine, elle, reste attentive à la situation et a déjà interpellé la ministre en charge de l'Enfance, Valérie Lescrenier. De leur côté, les puéricultrices seront en grève le 12 mars prochain pour exprimer leur inquiétude et leur ras-le-bol face à des mesures gouvernementales jugées, injustes et inhumaines.
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