Des perquisitions ont eu lieu ce matin dans plusieurs hôtels Van der Valk, notamment à Verviers et Spa. Un sous-traitant chargé du nettoyage est soupçonné d’avoir employé des travailleurs en situation irrégulière.
L’opération n’est pas passée inaperçue dans plusieurs établissements du groupe Van der Valk… Comme ici à Liège mais aussi à Verviers et à Spa.
L’enquête ne viserait pas directement les hôtels, mais un prestataire externe chargé de fournir du personnel de nettoyage. Ce sous-traitant est soupçonné d’avoir eu recours à des travailleurs en situation irrégulière, et souvent en situation de grande précarité. « Il s’agit de rémunérations extrêmement faibles. Beaucoup de ces travailleurs sont des personnes en séjour irrégulier en Belgique, qui se retrouvent sans véritable alternative et acceptent les emplois proposés malgré les conditions. Les montants versés sont très largement inférieurs aux barèmes légaux en vigueur en Belgique, certaines rémunérations descendant même sous le seuil d’un euro de l’heure », explique Jérôme Deumer, Auditeur de division à l’auditorat du travail de Liège.
Les travailleurs concernés, employés sans être déclarés, ne disposaient d’aucune couverture sociale. Selon les premiers éléments de l’enquête, ils étaient sous-payés et auraient subi des pressions, des intimidations ainsi que des violences afin de les empêcher de dénoncer leurs conditions de travail. Une trentaine de personnes auraient ainsi été employées par cette société dans plusieurs hôtels de la région.
Une vaste opération judiciaire
De quoi inciter les autorités judiciaires à mener une opération de grande envergure ce matin. « Douze perquisitions ont été menées, mobilisant plus de 130 enquêteurs de la Police judiciaire fédérale et de la police fédérale de Liège, ainsi qu’une trentaine d’inspecteurs sociaux de l’ONSS », précise encore Jérôme Deumer.
L’enquête, ouverte depuis plusieurs mois sous l’autorité d’un juge d’instruction, porte sur de graves soupçons de fraude sociale. Le système de pourvoyeur de main d’œuvre suspecté est totalement illégal. Selon les enquêteurs, cette personne se serait limitée à recruter des travailleurs pour ensuite les mettre à disposition d’autres entreprises, une pratique considérée comme totalement illégale. Il s’agirait d’un système de mise à disposition illicite de personnel, auquel s’ajouteraient de nombreuses infractions liées à la déclaration des travailleurs, aux conditions de travail et aux rémunérations appliquées.
Cinq personnes privées de liberté
Cinq personnes ont été privées de liberté et entendues par les enquêteurs. La juge d’instruction devra désormais déterminer s’il y a lieu de les déférer devant la justice.
De son côté, le groupe Van der Valk affirme ne pas être directement visé par l’enquête. Il assure avoir pleinement coopéré avec les autorités et rappelle son attachement strict au respect de la législation. (Avec RTBF)
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