À Trois-Ponts, une mobilisation citoyenne prend de l’ampleur autour du site du Petit-Spay où un village touristique devrait voir le jour. En cause : des travaux de déboisement observés alors qu’une étude d’incidences environnementales est en cours.
L'endroit est idyllique. A l'entrée de Trois-Ponts, le site du Petit Spay alterne prairies, vergers et zones boisées. Ce décor a tapé dans l'oeil d'un promoteur néerlandais. Il compte y construire un village touristique. Pour obtenir son permis, une étude d'incidence sur l'environnement est actuellement en cours. Sauf que début mars, des travaux de déboisement ont été constatés ainsi que la destruction des caves de l'ancien château. Les habitants sont en colère. « Il y a normalement une étude en cours en effet et qui doit respecter les quatre saisons et ici, il y a déjà eu un arrachage significatif de friches, de biosphère, ainsi qu'un effondrement dit « accidentel » des caves. Des caves qui étaient supposées héberger des chauves-souris qui étaient protégées. Qui étaient à protéger», détaille Olivier Dethier, Porte-parole de l'asbl Amblève Sauvage.
Vous parlez de saccage ? « Bien sûr, ici, on saccage à la fois la démocratie, une biosphère, un patrimoine historique. C'est un projet d'un promoteur immobilier, étranger qui n'a aucun respect pour rien et qui oui, saccage tout. »
Alertée, la commune rassure. Elle suit attentivement le dossier. « Nous comprenons bien cet émoi et cette colère des citoyens mais tout a été fait en temps et en heure dès que nous avons appris l’abattage des arbres, le DNF et le bureau d'étude ont été contactés et tout est légal. Nous restons très vigilants pour la suite », affirme Marie Bertimes, Echevine de l'Aménagement du territoire.
Le projet prévoit la construction de 200 maisons de vacances sur 9 hectares. Pour l'asbl Amblève Sauvage, l'entreprise est jugée démesurée.
« La commune de Trois-Ponts, c'est 2500 habitants et le projet ici de village, c'est 1200 personnes. On est sur 50% de plus en terme de population. Si vous allez vous balader à Trois-Ponts ou sur la nationale, c'est déjà complètement engorgé la plupart du temps donc là nous plus on n'est pas sur un respect des populations locales, on est sur un projet de tourisme de masse qui ne va avoir d'intérêt qu'étranger pour quelques promoteurs, c'est tout », s'insurge Olivier Dethier.
L'asbl regrette un manque de dialogue avec la commune ainsi qu'une certaine neutralité. Elle s'en défend. « Comme les citoyens, nous attendons la fin de cette étude d'incidence et de voir la suite des évènements. A l'heure actuelle, notre rôle est de veiller justement au respect de la législation. C'est un projet privé sur un terrain privé en zone de loisirs et donc nous suivons la procédure. »
Du côté du promoteur représenté au travers de la SPRL Trois-Ponts Immo, on dit « comprendre les craintes des riverains mais elle rappelle que le projet s'inscrit dans une procédure officielle, transparente et respectueuse des règles en matière de développement de village vacances. Trois-Ponts Immo met tout en œuvre pour développer un projet innovant et en synergie avec les activités locales de Trois-Ponts et de sa région."
Des propos qui n’apaisent pas les inquiétudes. Plus de 1.400 signatures ont déjà été récoltées via une pétition en ligne. L'asbl Amblève Sauvage a aussi mandaté un avocat pour l'accompagner dans ses démarches.
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