Fermer les petites gares peu fréquentées pour faire des économies et accélérer les trajets des trains : c’est l’idée lancée par Georges-Louis Bouchez. La sortie du président du MR fait réagir en région verviétoise où plusieurs arrêts sont concernés.
Supprimer les arrêts de moins de 100 navetteurs par jour : pour Georges-Louis Bouchez, le président du MR, c’est une question de bon sens. D'économie aussi. Sur le terrain, l'idée est loin de faire l'unanimité...« Je trouve que c'est un peu ridicule de supprimer toutes ces petites gares qui permettent à de nombreuses personnes de prendre le train pour se rendre au travail ou aller se promener à gauche à droite. Pour moi, c'est important de les maintenir», explique un navetteur.
Sarah est étudiante. Chaque jour, elle prend le train à Dolhain-Gileppe. La perspective de voir sa gare disparaître l'inquiète fortement. « Je pense que ce n'est vraiment pas une bonne idée. Déjà qu'on a qu'un seul train par heure. C'est déjà assez contraignant, explique Sarah. A chaque fois, je dois arriver 40 minutes avant mes cours pour être à l'heure. Et le matin, je dois parfois prendre le train à 6h pour arriver à 8h en cours donc rien qu'un train par heure, c'est déjà contraignant mais alors plus du tout de train, pour moi qui n'ai pas le permis, c'est vraiment... je ne pourrai plus aller aux cours comme je veux. »
Dans les communes concernées, les bourgmestres montent au créneau. À Limbourg, Valérie Dejardin estime que cette orientation va à l’encontre des objectifs climatiques et de mobilité. « On est à une époque où on nous demande de respecter l'environnement, de faire des actions en faveur du climat et donc la mobilité douce, les transports en commun font réellement partie de ces politiques, on devrait plutôt les développer et investir dans ces politiques et aujourd'hui, on nous dit que les personnes qui empruntent les transports en commun, le train, dans les communes plus rurales, demain devront se retourner vers la voiture donc c'est un non sens à l'heure actuelle, insiste la bourgmestre de Limbourg. D'autant plus, dans une Wallonie où on nous prône le plein emploi, où on nous dit qu'il faut aller travailler, aller étudier. Aujourd’hui qu'est-ce qu'on propose aux Limbourgeois, aux Baelenois qui prennent le train ici à Dolhain pour aller travailler ou étudier pour se rendre sur ces lieux de travail ou d'étude si le train ne s'arrête plus chez nous ?»
Un sentiment partagé à Pepinster où Philippe Godin défend la ligne 44. 16 mille personnes l'empruntent chaque semaine. A Pepinster-Cité, la gare vient d'être refaite. 36 personnes l'utilisent chaque jour. Et n'ont pas besoin d'un bus comme alternative. « L'alternative, elle est là, sourit le premier citoyen Pépin. On n'a pas besoin d'avoir une alternative ou de recréer ce qui existe. Je crois que c'est, malheureusement, une déclaration faite sans connaître la réalité de terrain. La réalité de terrain ici, il faut conserver la ligne 44 et les arrêts qui ponctuent la ligne. A chaque fois, ils ont été remis en état et avec des guichets automatique donc il n'y a vraiment aucune économie d'échelle à faire. »
A Theux, Philippe Boury se veut plus nuancé sur la question. Cette ligne Spa-Pepinster date de 1854, elle doit évoluer. « Nous, on est demandeur d'un service public de qualité avec soit une approche par les bus, une approche par un tram ou une approche par un train plus léger. Mais ces trains tagués qui sont ultra consommateurs d'énergie, où il n'y a personne dedans, ça mérite au moins d'avoir une réflexion quant à l'évolution de la ligne. On n'est pas pour la suppression de la ligne, on est pour une évolution réellement du moyen de transport. On n'est plus en 1854, il faut un petit peu évoluer, il n'y a plus de diligence. Essayons de regarder quelque chose d'un peu plus moderne et qui ne bloque pas en permanence le centre de Theux. Il y a 5 passages à niveau sur Theux, un seul à Pepinster. »
Entre logique d’économies et maintien du service public, le débat sur l’avenir des petites gares est loin d’être tranché et reste plus ouvert que jamais.