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"20 ans après l'explosion, Theux n'a pas oublié" (magazine)

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 04 janvier 2017 17:10  |   Theux


Le 4 janvier 1997. Une explosion de gaz ravage le centre de Theux. Elle marque à jamais les Theutois, dans leurs chairs, dans leurs coeurs. 20 ans après l’explosion, nous avons voulu les rencontrer. Si les années ont passé, l’émotion est toujours palpable. Certains souvenirs vivaces. Tous gardent ainsi en mémoire la belle solidarité des Theutois.

 

C’est un passant qui alerte directement les pompiers à la caserne vers 12h40. Il a entendu un sifflement près de la banque BBL sur la place du Perron et a senti une forte odeur de gaz.

Trois pompiers partent sur le champs en camionnette. Le Sergent Paul Lemaire, résident de la place du Perron, se rend directement sur place. Une autopompe suit. Jacques Wilwerth en fait partie: "Quand je suis descendu du camion, ce qui m’a de suite frappé, c’est cette odeur de gaz, une odeur de gaz beaucoup trop forte à l’air libre comme ça. La première chose qu’on a faite, c’est évacuer la place. Moi, je me suis rendu vers l’Hôtel de Ville pour pousser les voitures, les piétons et ne plus laisser passer personne". 

12h51: la poche de gaz explose

On ne le saura que plus tard : la conduite de gaz alimentant Spa est fissurée au niveau d’une soudure. Le gaz s’est accumulé sous la banque. A 12h51, la poche de gaz explose.

"Je n’ai rien entendu. J’ai été projeté à terre sur le pont mais je n’ai pas entendu un seul carreau cassé. Rien du tout. Le silence total, se souvient Paul Scheen, pompier theutois volontaire retraité. Je me suis retourné et j’ai vu la colonne de fumée, de poussières rouges qui redescendait".

"Le silence qui a suivi pire que l’explosion en elle-même"

"Au départ, j’ai commencé à courir puis j’ai été obligé de marcher parce qu’on ne voyait plus où on allait, explique le 1er Sergent Francis Garsoux. Et puis, ce silence. Mais vraiment le silence du silence. Et puis, commencer un peu à entendre un peu des gens qui pleuraient, qui criaient. Mais c’est ce silence qui est mortel. Le silence est plus impressionnant que le bruit de l’explosion. L’explosion dure une seconde mais ce silence. Vous allez vers ce silence et vous ne savez pas où vous allez et vous ne savez pas ce que vous allez voir. Et puis, quand tout retombe, c’est la guerre".

Le Caporal Serge Libin, lui aussi pompier volontaire theutois, fait partie des blessés de l’explosion: "Etant un peu sonné, je me suis rendu sur la place du Perron pour donner un coup de main à mes collègues pour déblayer. Je pense que j’ai aidé à la désincarcération de Monsieur et Madame Delfosse, en faisant des déblaiements parce que la voiture était recouverte de gravats, de morceaux de toitures... C’était vraiment apocalyptique". 

Deux morts, une vingtaine de blessés

Le Sergent Paul Lemaire et le Caporal Roland Bastin périssent dans l’explosion. Ils ont été projetés contre la façade de l’agence Nagelmackers, en face de la BBL.

Grâce à eux, une vingtaine de personnes ont pu être évacuées à temps. 

A 18h, le commandant de la caserne de Liège, Jean-Aimé Jans prend la tête des opérations et ordonne aux pompiers theutois de rentrer chez eux. 

"Le commandant Jans, nous a dit: voilà, émotionnellement parlant, les pompiers theutois, c’est fini, explique le Caporal Dominique Curtz. Sur le coup, ça va mais c’est après que cela a commencé, lorsqu’on a évacué les deux corps, c’était trop dur. Il valait mieux. Cela ne servait à rien du tout qu’on reste là. On a repris le lendemain mais le jour même, cela ne servait à rien".

Deux jours plus tard, le Roi et la Reine viennent rencontrer les familles des victimes. Le lendemain, des centaines de pompiers rendent hommage à leurs deux collègues theutois lors des funérailles.

Mafaçon au niveau de la soudure

Après une longue enquête, le Parquet estime impliquer une personne en qualité de responsable pour homicide involontaire, coups et blessures involontaires: la personne en charge de la soudure de la canalisation de gaz à  l’époque, dans les années 70. Il y aurait eu une malfaçon. Comme la personne est décédée lors de la clôture de l’enquête, l’action publique est éteinte. Le non-lieu prononcé. 

L’enquête a aussi conclu a une fragilisation de cette soudure suite à la faible profondeur d’enfouissement, des températures basses et des travaux au niveau de la voirie. 

 

"20 ans après l’explosion, Theux n’a pas oublié" est diffusé sur Télévesdre ce mercredi 4 janvier à 21h et ce samedi 7 janvier à 20 heures.

 









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