C’est détenu que Mickaël (nom d’emprunt), 54 ans, comparaît devant le tribunal correctionnel sous la prévention grave de tentative de meurtre. Il risque pour cela 3 ans de prison ferme.
Les faits dont Mickaël est accusé se déroulent le 10 avril dernier, rue du Centre à Verviers. C’est là que réside le prévenu, en réalité le logement de son fils et de sa belle-fille. Ce jour-là, il est interpellé par un petit groupe d’individus, dont un est en litige avec lui pour une question d’argent. Mais c’est son fils qui descend pour affronter le groupe hostile. Regardant par la fenêtre, il voit son fils étalé à terre. « J’en ai marre de tes conneries, assume-les » lui intime sa belle-fille. Alors, il descend une première fois, puis revient dans la cuisine chercher un couteau, et redescend. Et là, il frappe au hasard dans le dos d’un homme, qui en réchappera de peu avec un pneumothorax. « Je ne voulais pas faire de mal à quelqu’un, seulement protéger mon fils. Je regrette ce geste, je m’en veux », dira-t-il devant le tribunal.
Un vrai coup de chance
Ce n’est guère l’avis du ministère public pour qui l’intention homicide est bien présente, vu l’endroit névralgique où il a frappé. « C’est vraiment un coup de chance qu’il n’en soit pas mort ». Il rappelle que Mickaël a déjà été condamné deux fois pour actes de violence, à deux et à un an de prison. Cette fois, il réclame 3 ans de prison ferme.
Avec un éplucheur de cuisine
Son avocate rejette cependant la prévention de tentative de meurtre. « Le groupe est venu pour discuter… avec une batte de baseball ! Lorsqu’il a vu son fils roué de coups, il n’a voulu que le sauver. C’est un acte impulsif, il avait beaucoup bu au préalable. Et l’arme n’était en fait pas un vrai couteau, mais un petit éplucheur de cuisine. Il n’a pas choisi spécialement une zone vitale, il a frappé au hasard le premier venu pour dégager son fils et n’a porté qu’un seul coup sans s’acharner, ce qui aurait été le cas s’il avait une volonté de tuer. Si la victime est encore vivante, ce n’est pas de la chance, c’est simplement qu’il n’avait pas la volonté de tuer ». Elle demande donc au tribunal de disqualifier la prévention en coups et blessures volontaires, en accordant à Mickaël une simple peine de probation, c’est-à-dire des conditions à respecter sans qu’une sanction soit prononcée.
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