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"La SNCB assure-t-elle encore un service public?"

 02 fevrier 2021 17:48  |   Spa - Welkenraedt


Ce lundi, la SNCB annonçait 44 nouvelles fermetures de guichet. 37 autres vont voir leur heures d’ouverture se réduire. C’est le cas des gares de Spa et Welkenraedt. Une décision justifiée par la SNCB sur base de chiffres de fréquentation à la baisse. Pour l’association Navetteurs.be et la CSC Transcom, ces chiffres ne correspondent pas à la réalité. Pire, ils feraient partie d’une stratégie délibérée de la part de la SNCB.

Audrey Degrange

Ouvert du lundi au vendredi de 6h15 à 13h45, ce guichet spadois verra ses heures d’ouverture réduite de moitié dès le 1er mars. Une situation identique à Welkenraedt et justifiée par la SNCB par le recours de plus en plus constant des voyageurs aux solutions digitales. La présence du guichetier ne serait dès lors plus indispensable. Un vrai scandale pour la CSC Transcom. « A l’heure actuelle, les guichetiers sont invités à diriger la clientèle vers les solutions digitales, explique Marc Eyen, Permanent Régional Liège Verviers – CSC Transcom. Les chiffres de fréquentation sont dès lors biaisés. Nous condamnons ces fermetures qu’elles soient totales ou partielles comme ici, à Welkenraedt et Spa. »

Ces fermetures totales ou partielles, l’association des voyageurs navetteurs.be les dénonce également et se demande si la SNCB a encore des notions de service public. « Le navetteur quotidien n’a peut être plus besoin du guichet mais il faut penser au voyageur occasionnel qui peut avoir besoin d’un renseignement, détaille Gianni Tabbone – Porte-parole Navetteurs.be. Il y a des personnes qui ne savent pas utiliser les solutions digitales ou qui ont des handicaps. Le guichetier n’est pas là que pour vendre un ticket, il aide aussi les gens à monter ou descendre du train. »

Sans parler de la sécurité qu’il apporte aux voyageurs de par sa simple présence en gare. "Nous avons remarqué que là où les guichets ont disparu, poursuit le porte-parole. Il y a un accroissement du vandalisme et un sentiment d’insécurité.  Si la stratégie de la SNCB est d’arriver à du self-service, nous l’invitons à assumer ses choix stratégiques sans tenter de les justifier par un choix des voyageurs."

Ce qui interpelle aussi l’association, c’est la taille des gares ciblées. Bien plus importante que par le passé. "Les précédents suppressions concernaient des gares peu fréquentées. Ici, on peut encore observer entre 1000 et 3500 montées par jour par endroit. Cela nous interpelle."

La SNCB poursuivrait donc une stratégie claire mais non assumée faisant craindre aux représentants des travailleurs et des navetteurs de futures suppressions d’emplois. « Pour l’heure, la direction assure qu’il n’y aura pas de suppression d’emplois, rassure le Marc Eyen. Mais nous craignons une perte de poste car les agents qui partiront à la retraite ne seront pas remplacés. La charge de travail sera donc reportée sur ceux qui restent et pour nous, ça ne va pas dans le bon sens. »

Un sentiment partagé par le Ministre fédéral en charge des Transports et de la Mobilité, Georges Gilkinet qui a déjà demandé à la SNCB de revoir rapidement sa copie.








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