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Jalhay: une voirie qui divise

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 27 octobre 2020 09:32  |   Jalhay


C’est une première à Jalhay. Un agriculteur va devoir payer pour l’entretien d’une voirie communale. 25 mille euros, c’est la somme qui lui est demandée pour réparer cette route abîmée par le charroi agricole. Si le Bourgmestre se félicite de l’accord trouvé, l’exploitant lui n’est pas du même avis.

Audrey Degrange

Au lieu dit Pont le page se trouve l’exploitation agricole de la famille Bredo. Une ferme traversée par une voirie communale dont 150 mètres sont fortement dégradés. Pour la rénover, 100 mille euros sont nécessaires. "C’est un investisssement important pour la commune de Jalhay, note Michel Fransolet, Bourgmestre de Jalhay. Nous allons débourser 75 000 euros pour une route en béton qui pourra supporter le charroi agricole. Et il est à souligner que l’agriculteur participe aussi au financement de cette voirie."

Construite en 1976, cette route, Jérôme Bredo l’a toujours connue dans cet état. Installé avec ses parents depuis 1992, il nous confie remettre chaque année 1000 euros de pierres pour pouvoir y circuler. Aussi, débourser aujourd’hui 25 mille euros pour la remettre en état, ce n’est pas vraiment de gaieté de coeur. "Sur le lait que je vais produire, je vais devoir mettre 10 centimes de côté pour payer cette route et c’est de l’argent que je ne mets pas dans d’autres investissements. Ce n’est pas normal que je paye pour une voirie communale, si elle était privée ce serait un autre débat."

Se pose alors la question, la commune a-t-elle négligé l’entretien de cette voirie ? "Oui, on pourrait reprocher une manque d’entretien mais c’est impossible, reconnaît Michel Fransolet. Cette route est détruite à force de passage des tracteurs et autres engins lourds. Puis, il peut peut-être se sentir lésé mais la commune va quand même investir 75 mille euros pour lui faire une route tip-top! Mais il est obligé de mettre ces 25 mille euros pour remettre la route dans son état initial."

Car cette rénovation figure bien dans le permis unique qui a été accordé à Jérôme Bredo pour construire son étable en 2016. Une clause dénoncée comme forcée par l’agriculteur, justifiée selon le bourgmestre. "Dans la demande de son permis, les personnes qui sont venues voir se sont rendu compte que la route était détruite par l’agriculteur donc ça été une obligation, pour obtenir son permis, de renover la route."

S’il ne contestera pas le montage financier proposé, Jérôme Bredo s’inquiète des répercussions de ce système sur les autres agriculteurs. "On a entendu au conseil communal que d’autres agriculteurs étaient concernés, souligne-t-il. Et c’est surtout à Sart que le problème se pose. A Jalhay, les routes ont été refaites pour les exploitations. Donc, jusqu’où allons-nous devoir réfléchir sur le budget, c’est pas à nous à tout payer pour les autres."

Une crainte relativisée par Michel Fransolet car elle ne concernerait que deux ou trois autres exploitations dans toute la commune. Il confirme toutefois qu’une participation financière leur sera bien demandée comme à la famille Bredo.

 

 










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