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Herve : une délégation africaine en visite chez Herve Société

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 12 avril 2019 18:00  |   Herve

Visite plutôt inhabituelle ce matin dans les locaux de Herve Société. La fromagerie recevait une délégation d’agriculteurs venus du Niger, du Sénégal et du Burkina Faso. A la manoeuvre, Erwin Schöpges, le président des producteurs de lait européens.

Audrey Degrange

L’idée ? Montrer à ces éleveurs qu’il est encore possible de nouer des partenariats permettant de produire localement et équitablement à l’heure où les multinationales règnent en maîtres incontestés sur le marché du lait. Plus globalement, il s’agissait surtout d’attirer l’attention du public sur la politique européenne qui fait aujourd’hui boire la tasse aux agriculteurs africains. «Il faut arrêter cette surproduction et permettre que l’on puisse réguler la production, explique Erwin Schöpges, Président de l’European Milk Board On informe aussi nos agriculteurs sur le fait que les multinationales, les laiteries nous font croire que l’on nourrit les Africains avec notre lait et que c’est bon pour eux, c’est faux ! » s’insurge-t-il.

Et que dire du visage de cette surproduction, de la poudre de lait écrémée enrichie à l’huile de palme. Depuis 2016, les exportations de ce mélange vers l’Afrique de l’Ouest ont augmenté de 24% détruisant littéralement la production laitière locale. « C’est un véritable poison qui inonde notre marché, précise Adama Ibrahim Diallo, Président Union Nationale des mini-laiteries Et comme il n’est taxé qu’à 5%, cette poudre en vrac entre facilement chez nous. »dénonce ce producteur de lait du Burkina Faso.

Moins cher et plus facilement transformable, ce lait à la qualité discutable est le premier consommé, informer le consommateur est alors primordial. « C’est pourquoi à l’image de Fairebel, nous avons lancé Fairfaso pour que le public comprennent qu’en achetant notre lait, il soutient les producteurs locaux. » poursuit encore cet éleveur.

Car aujourd’hui à l’image des producteurs de lait européens, la situation est dramatique, les agriculteurs locaux sont en sursis. « On joue notre survie, on nous paye en dessous de ce qui serait nécessaire pour vivre dignement, il est temps d’agir.» nous explique Mustapha Dia, Président de ADENA et Producteur de lait au Sénégal.

Assurer un prix correct du lait, soutenir les initiatives locales et équitables telles sont les revendications de ces éleveurs d’Afrique de l’Ouest et de l’EMB qui espèrent être entendus à quelques semaines des prochaines élections européennes.








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