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Grève du rail : les syndicats dénoncent le manque de personnel et d’investissements

 29 novembre 2022 13:45  |   Arrondissement de Verviers


Depuis lundi soir 22h, le trafic ferroviaire est fortement perturbé. C’est le début de trois jours de grève successifs dans les chemins de fer nationaux. Les principaux syndicats (CSC Transcom, CGSP Cheminots et SLFP Cheminot) ont débrayé ce mardi. Ils dénoncent la dégradation des conditions de travail, la pénurie de personnel et le manque de moyens. 

Les quais de la gare de Verviers étaient déserts ce matin. Pas de train à l’horizon. Le rail est en grève. Le trafic ferroviaire perturbé. Seul un quart des trains circule. Certains navetteurs n’avaient visiblement pas pris leurs précautions. "Normalement, je prends le train qui va à Courtrai ou celui qui se rend à Saint-Lambert. Pour le moment, ils sont annulés. Il n’y a que le train de 9h38 qui est affiché. Je vais donc être en retard au boulot", nous confie une navetteuse, sourire aux lèvres malgré la situation. "Je n’étais pas au courant sinon j’aurais pris mes précautions. Je dois aller à Eupen. Je vais voir ce que je peux faire", nous répond une autre. 

A l’heure où la mobilité est un enjeu fondamental, c’est un paradoxe mais des trains supprimés, il risque d’y en avoir de plus en plus car il manque cruellement de personnel. "Grosso modo, il manque 2000 personnes pour faire fonctionner le chemin de fer comme il devrait fonctionner. Aujourd’hui, on a énormément de problèmes. Les gens n’ont plus leur repos normalement prévu. Il y a une crispation au sein du personnel", réagit Laurent Brock, secrétaire permanent CGSP cheminots Liège-Verviers-Huy-Welkenraedt. "Tous les jours, les collègues voient leur liberté supprimée. On a un retard d’un peu près d’un million de jours sur l’ensemble du personnel. Le personnel est à bout. A un moment donné, chacun a sa limite et tombe malade. La charge de travail retombe sur ceux qui restent et eux aussi sont à bout", surenchérit Marc Eyen, permanent CSC-Transcom Liège-Verviers. 

Revalorisation barémique

Du personnel qui réclame de meilleures conditions de travail mais aussi un meilleur salaire. "En Belgique, les cheminots sont également touchés par la crise. Il y a un manque de pouvoir d’achat. Il ne faut pas oublier que pendant le Covid, on a continué à faire rouler les trains. Il y a donc quand même une attente de valorisation par rapport à ce qui a été réalisé. Et donc on veut une amélioration du pouvoir d’achat", répond Thierry Coune, secrétaire régional CGSP cheminots Liège-Verviers-Huy-Welkenraedt

Le rail tente de recruter mais l’attrait des chemins de fer ne fait plus recette. "Il y a une politique de recrutement qui n’a pas fonctionné correctement ou alors une volonté de ne pas recruter pour économiser de l’argent dans les finances des entreprises ferroviaires SNCB et Infrabel", lâche Thierry Coune. "Il nous semble important d’avoir une revalorisation barémique afin de pouvoir être attractif pour attirer de nouveaux collaborateurs. Nos échelles barémiques n’ont plus été revues depuis 2008", ajoute Marc Eyen.

Grève aussi mercredi et jeudi

C’est la première fois depuis 6 ans que le rail sera paralysé aussi longtemps. Le ras le bol des cheminots est général. Si le gouvernement veut développer le rail, il faut, disent les syndicats, que le gouvernement en donne les moyens tant à la SNCB qu’à Infrabel. Du côté du ministre Gilkinet, on déplore le mouvement, on dit accélérer le recrutement et on affirme que des moyens budgétaires suffisants sont prévus.

La situation sur le rail s’annonce encore compliquée mercredi et jeudi...et, surtout, moins claire. Les conducteurs de train et leur syndicat (SACT) ont déposé un préavis. Là aussi, ils pointent du doigt les conditions de travail, la pénurie de personnel, le manque de moyens et la vétusté du matériel.

Renaud Collette








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