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Verviers: les commerçants déposent plainte contre X suite aux inondations

 22 novembre 2021 17:25  |   Verviers


Quatre mois après les inondations, la Ville de Verviers porte toujours les stigmates de la catastrophe. Dans le centre-ville, de nombreux commerces sinistrés affichent encore porte close. Face à des travaux qu’ils n’ont pas demandé et une situation financière qui devient préoccupante, une quinzaine de commerçants ont décidé d’entamer une procédure judiciaire afin d’obtenir réparations pour les dégâts subis. Une plainte contre X vient d’être déposée. 

Audrey Degrange

130 jours interminables, c’est ainsi que les commerçants verviétois résument leur situation. Fabian Bruwier est opticien dans le centre-ville et voici son commerce, des murs nus et une brique qui tente de sécher, les travaux sont longs tout comme les procédures.v« Moi, je suis locataire, il y a donc un propriétaire, détaille ce commerçant. Ce sont deux assurances différentes et il faut qu’on se mette d’accord. Alors si je ne charge personne, chacun veut payer le moins possible. Au final, on s’est est retrouvé mais ça a pris du temps et on arrive seulement au bout de nos soucis. »

S’il a pu reprendre ses activités dans un container, ce n’est pas le cas de tous. Plusieurs commerces ont définitivement fermé leurs portes. D’autres tentent aujourd’hui l’impossible pour rouvrir pour les fêtes. Face à ce constat, l’Union des commerçants de Verviers a décidé de saisir la Justice. « D’abord, c’est un message, nous n’étions pas censé vivre cela, explique Luc Demarche, le Président de l’Union des commerçants – Shop’in Verviers. Et puis, zut quoi ! C’est un coup de poing sur la table pour dire, la prochaine fois, il faudrait mieux gérer cela. L’autre aspect concerne les assurances. Si elles nous remboursent à 100%, il y a des choses qui ne sont pas reprises comme ces moments où nous n’avons pas pu ouvrir car inondés. Ce manque à gagner, les assurances ne le prennent pas en compte. »

Pour ces tracas qu’ils n’ont pas demandé, une quinzaine de commerçants veulent donc réparation. Jeudi dernier, une plainte a été déposée contre X. 3 chefs d’accusation ont été retenus. Les premiers, la destruction et la dégradation mobilière et immobilière. « Certains commerçants ne sont pas assurés, détaille Jacques Piron, Avocat au cabinet APM Law. Certains vont obtenir une indemnisation partielle ou totale de leur assurance ou du fond de calamité. Pour ceux qui n’ont pas d’assurance, ces points doivent être indemnisés par quelqu’un. Il y a aussi, dans la question de la responsabilité, la perte d’exploitation. Elle n’est couverte par les assurances et vous le voyez de nombreux commerces n’ont pas encore rouvert donc ce sont des pertes colossales alors qu’ils ont toujours des frais fixes comme des loyers à payer. »

La notion d’omission ou de non assistance à personne en danger sera elle aussi au centre des débats. « Pour faire une simple analogie, la personne qui tombe à l’eau, vous avez plusieurs solutions, soit vous plongez pour essayer de la sauver, soit vous appelez les secours, soit vous ne faites rien et c’est un peu essayer de démêler ces trois positions, que s’est-il passé ? Est-ce qu’on n’a rien fait, a-t-on appelé les secours en le regardant se noyer ou est-ce que quelqu’un a réellement plongé ? », s’interroge Romain Oger, Avocat au cabinet APM Law

Car pour l’Union des commerçants, si la Nature a bon dos, elle ne peut expliquer l’entièreté des dégâts occasionnés. Ce jeudi, la plainte sera officiellement validée par un juge d’instruction liégeois. La procédure suivra ensuite son cours.

 








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