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Permis de Liège-Airport: quelles nuisances et quels emplois demain?

 23 janvier 2023 16:48  |   Arrondissement de Verviers - Herve - Plombières


C’est la dernière ligne droite autour du permis d’exploitation de l’aéroport de Bierset. Le gouvernement wallon doit trancher d’ici le 30 janvier sur son fonctionnement jusqu’en 2042. Quels sont les impacts des activités de l’aéroport liégeois dans notre région ? Qu’impliquerait ce permis ? Tentatives de réponse.

Les négociations autour du nouveau permis d’exploitation de l’aéroport de Bierset devraient atterrir cette semaine. Nombre de vols, pollution sonore... Tout sera réglementé jusqu’en 2042. Si les communes de notre arrondissement sont nettement moins impactées que les communes limitrophes de Liège Airport, des citoyens ont constaté une augmentation de vols, notamment la nuit, et ont interpellé leurs bourgmestres.

"On accepte à Liège des avions la nuit qu’on n’accepte pas ailleurs"

"Les communes de l’arrondissement ont cherché à savoir d’où venaient ces avions et ils venaient bien de Liège, précise la bourgmestre de Plombières, Marie Stassen. Pourquoi Bierset? On a un peu creusé et on s’est rendu compte que Bierset n’a pas les mêmes normes que les aéroports voisins. On dit toujours que si on ferme Bierset, les avions iront à Cologne ou à Maastricht, ce n’est pas vrai. On n’y accepte pas le même type d’avion en pleine nuit".

Obtenir des infos

La Ville de Herve, survolée comme d’autres de nos communes à moins de 1.500 m d’altitude, a intégré le comité de suivi de l’aéroport. Une façon d’obtenir des infos à la source.

« On est dans des couloirs, explique l’échevin Bernard Allelyn qui représente Herve au comité de suivi de Liège Airport. Tous ces survols, des applications permettent de les voir en temps réel: quel avion passe au-dessus de chez vous? A quelle heure? Où va-t-il? Et d’où il vient? Cela permet aux citoyens de remonter leurs plaintes car ils en ont quand même pas mal, généralement de communes plus proches de l’aéroport que les communes de ce côté-ci de la Meuse».

"75% des plaintes proviennent des 10 mêmes plaignants"

En 2021, 2.000 plaintes ont été déposées contre l’aéroport, mais 72% d’entre elles proviendraient des 10 mêmes plaignants.

« Un aéroport reste un outil économique, surtout en province de Liège où il s’agit d’un aéroport FRET donc on ne parle pas ici de voyages touristiques qui ne sont peut-être pas absolument nécessaires, spécifie Christine Mauel, députée wallonne MR et Vice-présidente de la Commission Aéroports. C’est quand même notre porte économique de la Wallonie vers l’extérieur. On ne peut pas fermer les yeux sur une potentielle perte d’emploi de 5.000 emplois jusqu’en 2040 ».

Le plus gros employeur de la province

L’aéroport avec ses 10.000 emplois serait le plus gros employeur de la province. Pour la direction de l’aéroport et les syndicats, une limitation de l’activité à 50.000 mouvements annuels risque de faire fuir certaines compagnies et anéantirait l’espoir des 20.000 emplois supplémentaires d’ici 10 ans.

"Investir dans des cantines plutôt que dans Bierset"

«On parle toujours de l’emploi. L’emploi oui, mais quel emploi ? Les cantines scolaires avec des produits frais et locaux, on est nulle part en Belgique par rapport à la France. Ce sont des emplois pour des personnes peu qualifiées, mais des emplois plein de sens. Ces emplois sont plus locaux, avec des horaires tout à fait différents. C’est de l’argent public qu’on doit y mettre, mais quand je vois l’argent qu’on met dans un aéroport comme celui de Bierset, pour quelle plus-value ?", signale la bourgmestre de Plombières.

Au moins 60.000 vols

« Durant la pandémie, il faut savoir que l’aéroport a servi de base pour le matériel médical. En 2021, on était à 45.000 mouvements. Et, dans le plan initial, tout ce que l’aéroport a mené comme étude, le plan de projection de bruits, on était à une projection 60.000 vols. Ce qui serait normal, c’est d’atteindre au moins le nombre de vols pour lequel toutes les mesures ont été prises », indique Christine Mauel. 

La députée libérale rappelle que 750 millions d’euros ont déjà été investis, dont 400 millions pour protéger les riverains du bruit. Pour elle, un équilibre doit être trouvé entre bien-être de la population, activité économique et environnement. La réduction des appareils les plus bruyants doit, par exemple, être possible techniquement.

Entre les arguments, des uns et des autres, il revient maintenant au gouvernement wallon de trancher, d’ici le 30 janvier.

(Aurélie Michel)








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