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Le quartier du Waux-Hall à Spa trop "beau" pour être subsidié?

 02 mars 2018 18:24  |   Spa

Joutes verbales musclées entre la majorité et l’opposition ce 1er mars au conseil communal de Spa. En cause? L’enveloppe de subsides de maximum 1,125 million d’euros dont pouvait bénéficier Spa pour l’opération de Revitalisation urbaine du quartier du Waux-Hall. De quoi redessiner tout le quartier!

"Mais le projet de Revitalisation urbaine a été abandonné par le Collège communal de Spa plutôt que de le modifier comme le Service public de Wallonie l’y invitait", déplore Luc Peeters, conseiller communal spadois d’Osons Spa, dans l’opposition.

"Un projet en inadéquation avec le bâti local"

Rétroactes: En 2010, le Service public de Wallonie approuve le projet de partenariat entre la Ville de Spa et le promoteur privé qui envisage la construction de 54 logements rue Chelui et rue de la Havette. 

En 2014, le SPW rend un avis défavorable au projet. Il considère qu’"il n’améliore pas l’habitat dans le quartier considéré, rappelle Luc Peeters en citant un courrier du directeur du SPW. Ce projet est aussi perçu comme déstructurant tant par l’implantation non structurante des bâtiments, sa volumétrie, sa typologie architecturale et ses matériaux en inadéquation avec le bâti local". 

"Trop de temps"

"Les échevins Paul Mathy et Pierre Bray ont tenté de faire croire que c’est le quartier qui ne convenait pas parce qu’il est beau et agréable alors que c’est le projet lui-même qui ne convient pas, critique Luc Peeters d’Osons Spa. Ils ont attendu un an pour répondre au SPW. Le temps de réponse est beaucoup trop long. Même si le subside était potentiel, il fallait tout faire pour l’avoir".

"Je ne demandais pas mieux"

"Evidemment que nous n’avons pas balayé cette possibilité de subsides d’un revers de la main, répond Pierre Bray, échevin de l’Urbanisme de Spa. J’habite le quartier. Je n’aurais pas demandé mieux que d’obtenir un million d’euros pour l’aménager. Mais lors de la visite sur place de la CRAT (NDLR: Commission régionale d’aménagement du territoire qui remet un avis sur les projets de revitalisation urbaine), on nous a expliqués que nous avions peu de chance d’obtenir le subside car nous avions beaucoup moins besoin de revitalisation urbaine que d’autres quartiers, des quartiers plus en friches, et que les budgets n’étaient pas extensibles"

"C’est Luc Peeters qui a donné le pré-permis au promoteur"

"Je tiens aussi à préciser que ce dossier ne date pas d’un an, il est sur la table de la Ville de Spa depuis des années. C’est Luc Peeters alors échevin de l’Urbanisme qui a donné un CU2, un pré-permis au projet. C’est lui qui présidait la réunion de présentation du projet de 54 logements aux habitants. Je déplore qu’il retourne sa veste comme ça! Pourquoi n’at-il pas défendu les habitants au moment où il était échevin? S’il avait contré le projet à l’époque, on n’en serait peut-être pas là! Moi,maintenant, je travaille à l’améliorer. Je fais mon maximum pour que les propositions du groupe de travail au promoteur soient respectées". (Aurélie Michel)