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"La chambre confinée" (19) : Georges GOFFART : " Que nous arrive-t-il?"

 10 avril 2020 08:13  |   Verviers


Il est une des personnalités les plus connues de Verviers : avec “Chez Georges” et, depuis peu, “Gorgées”, il tient deux établissements qui ont pignon sur rue … Seulement voilà, l’épidémie a temporairement fermé ces temples de la bonne humeur et Georges Goffart est, lui aussi, confiné… Nous avons pris de ses nouvelles…

-Georges Goffart, comment vivez-vous votre confinement ?

Paradoxalement je ne le vis pas trop mal (hormis la perte énorme de revenus et le stress de l’indépendant face aux obligations). J’ai un souci à la jambe droite et j’en profite pour me soigner. Je rattrape un certain retard acquis depuis l’ouverture de «Gorgées».

On est de toute façon impuissant face au problème, il ne sert à rien de ressasser tout le temps là-dessus. Le tout est d’être prêt et de respecter ce confinement.

-Comment sont rythmées vos journées ?

Mes journées ? J’essaye de garder le rythme habituel c’est à dire de me lever tôt, surtout à cette période de l’année où les journées rallongent (j’adore !). Ne déjeunant jamais, je suis tout de suite au taquet ...

Je dois passer tous les jours à «Gorgées» pour surveiller une légère fuite en cave (mon plombier est confiné donc j’attends). J’en profite pour m’aérer et faire une course si nécessaire.

Passées ces premières activités, il n’est jamais que neuf ou dix heures… Depuis 3 semaines en confinement, j’en ai profité pour remettre certains papiers en ordre et préparer le facturier du premier trimestre pour mon comptable. Pour terminer, je cuisine et prépare mon souper, l’unique mais copieux repas de la journée (rires). Je travaille également sur l’avenir : bières, pâtes, toujours à la recherche de nouveaux produits… pas besoin de sortir pour ça... ! Je termine la soirée devant une bonne série ou un bouquin.

-Vous venez d’ouvrir un deuxième établissement à Verviers… le choc est rude, on l’imagine ?

Le choc est plus que rude, il l’est pour tout le monde. Il est plus grave pour les indépendants verviétois qui subissent déjà une ville en perdition et les travaux voués à relancer celle-ci : choc doublement dommageable pour moi (et ceux qui ont plusieurs commerces)... alors que «Gorgées» vient de démarrer !

-Avez-vous encore des activités durant cette période ?

Non, j’ai tout de suite stoppé toute activité, c’est le plus sage à faire... les clients vont être patients !

-Comment voyez-vous le redémarrage de l’Horeca ?

Redémarrage ? D’abord nous serons les derniers à redémarrer : c’est logique, je me vois mal boire ma Stella avec un masque à deux mètres de mon premier client et copain ! Ensuite, il ne faut pas redémarrer n’importe comment ! On a tous besoin de faire du chiffre mais il y a des cow-boys qui risquent de faire n’importe quoi : j’en appelle aux responsables politiques sur ce coup- là, que l’on rouvre par ex à J + 1 après la date autorisée, afin que nous (patrons, personnels, livreurs) puissions relancer les machines afin d’accueillir la clientèle convenablement... Et que le jour J ne soit pas le dernier jour du mois, histoire que le personnel ne perde pas une grosse partie de son "chômage" parce qu’il aura travaillé quelques heures le dernier jour du mois... Ensuite, si le virus est bien parti, ça va être la folie pendant un moment !

-Vous êtes un homme de contact ; le confinement, c’est tout le contraire de votre personnalité ?

Oui et non ; j’ai un côté «ours–ermite» qui me permet d’aimer être seul. D’ailleurs, ce n’est pas la "chambre confinée" mais la "grotte confinée" pour moi (rires). J’aime me retrancher autour de mes CD, BD, bouquins…

-Quelles réflexions suscite chez vous cette période ?

Qu’il faut garder la tête sur les épaules et ne pas tomber dans la théorie du complot... même si c’est bien tentant d’échafauder divers scénarios !

Refaire le monde, difficile, en confinement, mais pourtant plus que nécessaire…C’est quoi votre monde idéal ?

Mon monde idéal ? Il ne vaut mieux pas que je le dise… ! Par contre, à mon petit niveau, je dirais «mon Verviers idéal», ce serait enfin de comprendre que nous ne serons jamais une "grande" ville, que  nous devons nous recentrer sur les petits commerces et l’industrie locale ! C’est ce que les verviétois veulent : point barre.

-Il y a, pour cette période, des musiques, des boissons, des livres… Ce serait quoi, pour vous ?

Au niveau de la musique, je dirais du bon funk pour avoir la pêche, côté lecture, relire ce qui vous a fait rire et sourire et question boissons … joker ...mais avec modération !

-Où voudriez-vous être et à quelle époque ?

Vivre dans le passé ne sert à rien même s’il est bon de se souvenir et de ne rien oublier... je dirais donc que je me réjouis d’être après, avec mes potes autour d’un bon verre et d’un bon repas, quant à l’endroit, je ne sais pas… mais à équidistance du bar et de la plage…

-Vous avez des contacts avec certains de vos clients ?

Quelques contacts ! Et le sujet est unique : «que nous arrive-t-il ?»

-Le lendemain du dernier jour du confinement, ce sera…

Ce sera le 1er jour du reste de ma vie et ce sera terrible ! Toujours garder l’humour !

 

Propos suscités par Urbain Ortmans et diffusés le 10 avril 2020 










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