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Verviers: Hasan Aydin ne sera plus président du CPAS!

 29 juin 2020 00:21  |   Verviers


On a rarement vu cela à Verviers. Une conférence de presse tenue à 23 heures pour annoncer un véritable séisme politique : l’annonce du dépôt d’une motion de méfiance constructive individuelle pour écarter de la présidence du CPAS le socialiste Hasan Aydin. 

La crise couvait depuis plusieurs mois, et, visiblement, les membres de la majorité voulaient d’abord tenter de combler, par la négociation, le fossé qui les séparait du président du CPAS. 

Las! Une dernière réunion, jeudi dernier, a tourné au pugilat verbal et a scellé son sort: il ne sera donc plus président de l’institution d’aide sociale.

Petit rétro-acte: ce qui est reproché à Hasan Aydin, c’est, explique la bourgmestre socialiste Muriel Targnion, depuis un certain temps et à plusieurs reprises, le vote en bureau permanent du CPAS de transferts de montants de l’ordinaire vers l’extraordinaire. On parle ici de centaines de milliers d’euros. Une mécanique qui a un impact indirect sur le budget de la Ville.  Le budget extraordinaire, c’est, pour faire simple, celui des investissements. L’ordinaire correspond au fonctionnement. Or ces transferts fragilisent l’ordinaire, et  quand l’ordinaire du CPAS est en déficit, c’est à la Ville de combler le trou financier. 

"A chaque fois que la question allait venir sur la table du conseil communal , Hasan venait me voir, me demandant de ne pas le déshabiller politiquement et promettant de corriger le tir par après, ce qui n’était jamais fait. Le mécanisme s’est répété à cinq reprises .

Rappelons que nous avons reçu une lettre du Crac, la tutelle financière de la région wallonne, qui refusait d’avaliser ces procédés conduisant la ville à la faillite." 

Par ailleurs, ajoute Muriel Targnion, "Hasan Aydin voulait aussi engager cinq niveaux un au CPAS: un conseiller en communication, un coordinateur de projet de résidences-services, un archiviste, des secrétaires pour les chefs de division… Rien qui concerne directement l’aide à apporter aux citoyens. Nous avions, de notre côté, accepté l’engagement d’assistantes sociales ou d’une coordinatrice des maisons de repos."

Le dernier point qui a poussé la tension à son paroxysme, c’est la question des permanences politiques controversées, en mettant des adresses de contacts du personnel communal: une démarche contraire à la déontologie politique, explique la bourgmestre, et dont il a été question lors d’une réunion jeudi dernier. Réunion qui s’est soldée par un flot d’insultes vis à vis de l’échevine Sophie Lambert, indique Muriel Targnion. L’échevin libéral Freddy Breuwer a subi les mêmes attaques. 

Déstabilisation de l’échevine de l’Enseignement en ouvrant une salle de blocus pour étudiants alors qu’elle vient d’en fermer une pour cause de mesures liées au Covid-19, fermeture de l’abri de nuit pendant l’épidémie, la liste est longue des griefs de la majorité vis à vis du président du CPAS.

Le point de non retour est aussi atteint pour les partenaires du MR et de Nouveau Verviers, outrés par le comportement d’Hasan Aydin. Pour Maxime Degey, l’attitude d’Hasan Aydin, jeudi dernier, a été impolie et irrespectueuse, sans compter les coups de canifs réguliers dans les projets de la majorité. Quant à Jean-François Chefneux, il considère qu’Hasan Aydin a pris la volonté de négocier comme autant de signes de faiblesse.

Son départ est donc entériné par 20 signatures… Il manque celle d’Antoine Lukoki, qui a refusé de signer, et de Malik Ben Achour, qui réserve encore sa réponse. En dehors de la majorité, Bernard Piron a indiqué qu’il se ralliera à cette motion de méfiance.

Un conseil communal est convoqué pour le 7 juillet. Il permettra de désigner Joëlle Breuer à la tête du CPAS, le temps qu’un autre conseil communal mette en place une solution définitive qui passerait par la nomination à un échevinat de Saïd Naji.

Muriel Targnion espère retrouver ainsi une unité au sein de son parti, ses partenaires de la majorité indiquant qu’ils apprécient la décision difficile qu’elle a dû prendre.  Retour au calme ou tsunami politique? La semaine qui s’ouvre risque d’être secouée dans le landerneau verviétois… (U.O)










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