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Maxime Degey : "la politique est un milieu qui abîme"

 12 juillet 2021 16:13  |   Verviers


PS - MR - cdH - Nouveau Verviers et ex-PS, voici désormais les différentes composantes de la majorité verviétoise. Alors que le nouveau Collège communal a été installé vendredi dernier, peut-on enfin espérer un retour au calme, après plus d’un an d’une crise politique qui aura laissé des traces, tant au niveau de la sphère politique qu’au niveau des citoyens verviétois. 

Comment les personnalités politiques de la nouvelle majorité ont-elles vécu cette période pour le moins trouble? Nous avons posé la question au chef de file du MR, Maxime Degey.

 • Maxime Degey, comment avez-vous vécu cette crise? Quel regard portez-vous sur cette période?

Pour commencer, je voudrais rappeler le point de départ de tout cela. Car les mois ont passé, et on a peut-être tendance a oublié comment cela a commencé. Il s’agit d’une crise entre le Président du CPAS de l’époque Hasan Aydin et les membres du Collège communal. Nous ne pouvions accepter ces modifications budgétaires qui mettaient la Ville dans une posture plus qu’instable. La crise s’est alors installée. Quelques mois plus tard, il a été question qu’Hasan Aydin devienne bourgmestre. Pour nous ce n’était pas envisageable. On ne récompense pas un enfant qui vient de faire une bêtise.

Désormais, j’espère que la page est définitivement tournée. Même si je sais que cela ne sera pas simple. 

 • Et d’un point de vue plus personnel, cette crise a-t-elle été difficile à vivre?

 Sur le plan personnel, j’avoue que cela n’a pas été une année très agréable mais, finalement, il faut dire que c’est assez récurent dans le paysage politique verviétois. Depuis le début de mon engagement politique, j’ai déjà connu quelques crises. Mais c’est vrai qu’à certains moments, j’ai ressenti une lassitude par rapport à ces conflits. Cependant, j’aimerais insister sur un élément très positif à mes yeux : nous avons quand même continué à avancer et à travailler, malgré le climat qui régnait. Il faut vraiment dissocier la crise que nous avons traversée et l’avancement des différents dossiers. En ma qualité d’échevin des Travaux, je pense évidemment en particulier au chantier « Verviers, ville conviviale » et à l’aménagement urbain en général. Mais il y a d’autres exemples qui démontrent que nos dossiers ne sont jamais restés à l’arrêt. 

Nous allons tout de même investir plus de 60 millions d’euros dans le coeur de la Ville. Nous sommes en train de créer un environnement favorable qui permettra, je l’espère, de re-dynamiser la ville de Verviers. Dans 3 ou 4 ans, elle aura vraiment un autre visage. L’aménagement urbain que nous sommes en train de créer doit avoir un effet positif sur l’économie. Je ne vais citer qu’un exemple déjà probant : le dispositif « terrasses » qui a été mis en place. Il porte déjà ses fruits et rejaillit sur l’économie locale. De plus, il donne une image positive de la ville. Lorsqu’il fait beau, les terrasses sont bien garnies. D’une manière générale, je pense que, malgré la crise, on a fait notre job. Cela peut paraître paradoxal mais, à mes yeux, ce début de mandature a été productif.

 • La classe politique dans son ensemble a été la cible de nombreuses critiques de la part de la population verviétoise, lassée par cette crise et les conflits. Que pensez-vous de ce désamour?

Le désamour des citoyens envers la classe politique est une réalité. Et pas uniquement à Verviers. Mais c’est certain que nous l’avons particulièrement ressenti ici. Cette crise a été longue mais, de mon côté, cela démontre aussi, qu’il était hors de question de dire oui à tout et d’accepter tout pour régler le conflit. Nous avons tenu notre ligne de conduite. Celle pour laquelle nos électeurs nous ont fait confiance. 

Faire de la politique est un métier particulier et j’en accepte les règles du jeu. C’est vrai que cela peut être usant mais c’est comme ça. Je pense que nous n’avons pas à nous plaindre. Ce que je déplore par contre, c’est l’omniprésence des réseaux sociaux dans le débat public. Les commentaires que l’on peut y lire tiennent souvent plus de la conversation de coin de bar que de l’analyse. Mais avant, les conversation de café restaient dans le café, entre vous et le barman. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, c’est évidemment différent : c’est le nouveau « coin du bar » mais avec une bien plus grande visibilité.

 • Avez-vous déjà envisagé de changer de vie professionnelle? 

Oui, cela m’a déjà traversé l’esprit car la politique est un milieu qui abîme. Mais je suis Verviétois depuis 37 ans Je suis profondément attaché à ma ville. Toute mon action politique ne vise qu’à redresser et améliorer Verviers. Du coup, je me raccroche à mes dossiers.Je le répète, je suis heureux de voir que le visage de la ville est en train de se modifier. En 2024, il y aura un bilan et adviendra ce qu’il adviendra à ces moment-là. 

 

(Propos recueillis par M.L.)








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