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Verviers : "La grande traversée de Bernard Quickels"

 07 septembre 2020 20:10  |   Verviers


Tout jeune, il se voyait en Howard Carter, dans la Vallée des Rois, découvrant la sépulture de Touthankamon ! Plutôt en Champollion, déchiffrant les hiéroglyphes de la pierre de Rosette… Car pour Bernard Quickels, la vie est une question de lecture, au point qu’il en a fait son métier : libraire. En 5 ans, “La Traversée” est devenue un lieu-phare de la connaissance. Le déménagement rue de l’Harmonie, à Verviers, il y a 2 ans, a tout doublé : clients, équipe, stocks. Le succès est là, Verviers est bel et bien une ville de culture. Aujourd’hui, le libraire annonce l’ouverture de “ La Traversée BD”, à 31 pas, pas un de plus, de la première librairie. Un lieu dédié à la bande–dessinée. Comme l’écrivait Goëthe, “Le but, c’est le chemin”.  “La Traversée" est donc une invitation au voyage dans le monde des livres ; invitation au lecteur, étonnant voyageur, selon l’expression malouine…

Nombre d’entre vous ont déjà poussé la porte de “La Traversée”, au centre de Verviers. Passé le seuil et le désormais habituel flacon de gel hydro-alcoolique, vous entrez dans une ancienne demeure verviétoise, enchantée depuis 2 ans de s’être muée en librairie.

A droite, la table des livres de développement personnel. Juste devant vous, le plateau des dernières parutions. Plus loin, sur la gauche, les livres de poche, avec, pour certains d’entre eux, des commentaires, deux ou trois lignes pour nous convaincre. Ces derniers jours, Pamuk, Rushdie ou d’Ormesson ont rejoint la cohorte des dernières livraisons de poche.

Une véritable ruche où s’entrecroisent bien des Verviétois, qui à la recherche du dernier Murakami, qui sur la piste d’un livre de recettes…

Mais ce qui nous intéresse, se trouve à l’étage , au bout de l’escalier brun du fond de la librairie. Deux volées de marches , vous tournez à gauche, et vous trouvez le rayon des bandes dessinées.

“ La Traversée BD”

Convoitées, à l’étroit, presque confinées, elles vont désormais prendre le large, d’ici fin d’année, pour s’installer dans une deuxième librairie, un peu plus loin dans la même rue.

“Nous allons offrir à nos clients un choix très complet de  bandes-dessinées. Il y aura un rayon  jeunesse, un autre pour les adultes. Au total, un stock de 8.000 bandes dessinées qui devrait vite monter à 15.000. La demande des lecteurs est exponentielle, nous devons la rencontrer" indique le maître des lieux.

Lui et son équipe préparent la deuxième enseigne et leur propre traversée. Loïc, Arnaud, Gaëlle, Virginie et Emilie sont sur le pont, pour poursuivre l’aventure et lui donner une nouvelle dimension. Les lecteurs de bandes-dessinées sont souvent très exigeants, ils cherchent les dernières parutions le jour où elles doivent être disponibles. Sans compter la recherche de l’édition particulière : derrière tout amateur de bande-dessinée sommeille un collectionneur !

L’équipe restera à “La Traversée". Seul Arnaud fera les 31 pas pour gagner “La Traversée BD” et mettre ses connaissances au service des lecteurs. Le catalogue des grandes maisons, comme Dargaud, Dupuis, Le Lombard ou encore Glénat, mais aussi les découvertes récentes, comme la maison d’édition “Rue de Sèvres”. Sans compter les romans graphiques, des oeuvres en elles-mêmes… Redécouvrir “Ne réveillez pas l’oiseau moqueur” d’Harper Lee en roman graphique, est non seulement d’une brûlante actualité mais aussi un voyage différent dans l’oeuvre originale.

Pour Bernard Quickels, il y a les modes et les coups de coeur. Côté modes, les bandes dessinées historiques, les westerns, la science-fiction ou l’héroïc-fantasy. Côté coup de coeur, cet été, “La Bombe", une somme monumentale, composée en 5 ans, et qui relate la course à la bombe atomique et la tragédie d’Hiroshima et de Nagasaki. Bernard Quickels espère d’ailleurs accueillir bientôt son auteur pour une séance de dédicaces.

Car la librairie sera aussi un lieu de vie : expos, rencontres, comme celles, il y a quelque temps, avec Oli ou Jarbinet.

 Une palette très large 

L’offre sera très variée, les éditeurs acceptant de reprendre les invendus, après quelque temps. Une utilité économique qui blesse un peu la fibre environnementale de Bernard Quickels, puisque les invendus finissent au pilon.

Et les mangas ?  “Nous n’allons pas en proposer” indique-t-il “car on ne peut pas le faire à moitié. Il nous faudrait un passionné et connaisseur du genre et un stock important. Ce n’est pas au programme, même si nous pouvons avoir tout très vite sur commande”.

L’équipe est donc à pied d’oeuvre pour lancer son nouveau projet. En attendant, la rentrée littéraire bat son plein. Comment choisir parmi tous les romans ou essais qui viennent d’arriver ? Notre Diogène de la lecture éclaire nos choix : “ Histoire de la nuit” de Laurent Mauvignier, chez Minuit, l’histoire d’une prise d’otages en quelques heures entre protagonistes qui ne se sont plus vus depuis des années ou encore “Ce qu’il faut de nuit” de Laurent Petitmangin, à la Manufacture des livres : “Un condensé d’amour, de silence et d’humanité“ a écrit Emilie sur le bristol accroché au livre. Tant mieux, comme cela, vous pourrez échapper à “Yoga” d’ Emmanuel Carrère...

Courant dans tous les sens, affairé, vibrionnant, Bernard Quickels prépare donc sa rentrée pas comme les autres. Elle est loin, l’époque où il travaillait dans une librairie médicale à Bruxelles ou chez Pax à Liège. Il est depuis 5 ans maître à bord de sa passion, entraînant ses clients et lecteurs dans les mondes de l’écriture.

Et cette deuxième enseigne, au 17, rue de l’Harmonie, sera une nouvelle déclaration d’amour à Verviers, cette ville en laquelle il croit et dont il rappelle, lui, l’amateur d’architecture, la beauté des bâtisses. “ Il nous manque un livre sur l’architecte Thirion, mais je pense que Freddy Joris y travaille…” nous glisse-t-il à la fin de l’entretien.

Avec une dernière demande, formulée presqu’à voix basse “Si je puis me permettre, je voudrais insister sur ce que je dois à mon équipe, mon épouse et mes parents : sans eux, ce projet n’existerait pas…”

Ainsi va Bernard Quickels, entre passion et modestie et qui fait sans doute le plus beau métier du monde sans le savoir ! Le fou d’archéologie a désormais sa tour de Babel. Il faudra que François Busnel vienne y faire un tour ! (UO)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 










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